En rafale avec l’auteure Hélène de Billy
Hélène de Billy est journaliste et écrivaine. Elle a notamment écrit une biographie du peintre Riopelle et un roman intitulé Portrait d’André Mathieu. Dans Proust à Sainte-Foy, Marquise Fortier, qui habite une résidence pour personnes âgées aux allures carcérales, se voit prescrire par un naturopathe l’écoute d’À la recherche du temps perdu en livre audio.
Que lisez-vous présentement?
The Fat Years, de Chan Koonchung, qui décrit la Chine d’aujourd’hui, mais en faisant un peu de prospective, c’est-à-dire qu’on décrit la Chine de demain pour mieux critiquer ce qui se passe en Chine aujourd’hui.
Qui sont vos trois auteurs incontournables?
Marcel Proust, Dany Laferrière et Nancy Houston.
Qu’est-ce qui vous a amenée à l’écriture?
Je suis journaliste, donc l’écriture a toujours été mon métier. J’ai toujours écrit. Dans ma famille, on respectait beaucoup l’écriture et les écrivains. C’est peut-être ce qui m’a amenée naturellement vers l’écriture. J’ai toujours aimé lire.
Chaque écrivain a des routines d’écriture qui lui sont propres, quelles sont les vôtres?
J’aimerais en avoir. La première chose pour un écrivain c’est le lieu. Avoir un lieu calme pour écrire. Une fenêtre. Je ne suis pas obligée de regarder au travers. Il faut qu’il y ait un paysage qui me regarde! À partir de là, je peux écrire.
En tant qu’auteure, quelle est votre plus grande peur?
On (les auteurs) a peur tout le temps! (Rires) J’ai 3000 peurs qui n’on pas rapport avec mon métier d’auteur, mais plus sur la précarité de la vie. (Rires)
Quelle est votre expression ou citation favorite?
J’aime le début du Neveu de Rameau, de Diderot. «Qu’il fasse beau, qu’il fasse laid, c’est mon habitude d’aller me promener au jardin du Palais-Royal. C’est moi qu’on peut voir…» C’est très beau. Diderot, c’est un grand écrivain. Il a modernisé le roman.
Quel livre aimeriez-vous avoir écrit?
Il y en a plein. Peut-être une livre de John Irving (il est intéressant sur 400-500 pages!) ou Tout ce que j’aimais de Siri Hustvedt. Ils sont trop bons pour que je sois jalouse. (Rires)
Quel est votre pire défaut en tant qu’auteure?
Je ne sais pas… Peut-être mon manque de confiance. Je pense toujours que c’est affreux. (Rires) Peut-être de ne pas me laisser assez aller. Y aller avec plus de pages. Peut-être aussi ma langue. Je n’ai pas une langue très polie. Je mélange des mots d’anglais!
De quoi êtes-vous le plus fière en tant qu’auteure?
De mon dernier livre. Chaque livre a une histoire. Il y a des livres qui se font facilement, d’autres plus difficilement. Je le trouve beau visuellement.
Que préférez-vous dans l’écriture? Qu’aimez-vous le moins?
Commencer à écrire! Tout ce qui s’apparente à monter un projet, à réfléchir. J’aime dénouer un problème. Des fois, ça ne marche pas, puis on trouve des solutions. C’est le fun.
J’aime moins la page. Avoir une page blanche. C’est difficile. J’aime tous les médiums. J’aime raconter les histoires, j’aime m’exprimer. L’écrit a ses contraintes, a ses limites qui sont parfois frustrantes.
Proust à Sainte-Foy
Leméac
