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Jef Barbara, trésor glam

Photo: collaboration spéciale

Avec Soft to the Touch, son second album studio, l’inimitable Jef Barbara nous replonge dans son univers glam. Un univers où le Montréalais  s’entoure de moult collaborateurs, chante le désir de reconnaissance, le retard, la maladie d’amour, et joue ici du piano, là du vibraphone. Entrevue au sujet de ce coup de cœur automnal.

Dans la chanson qui donne son nom au disque, Soft to the Touch, vous chantez les mots «soft to the touch, hard as a rock». Est-ce qu’on pourrait dire que c’est un peu vous, ça?
Oh! Ouh…! (Rires) Je n’avais jamais pensé à ça. J’ai écrit ces mots dans une optique d’humour, mais je dirais que moi, je suis plus «soft to the touch». Reste que c’est vrai que j’ai un petit côté «hard as a rock» aussi! C’est une question à laquelle je vais réfléchir!

Vous dédiez une pièce très émouvante aux gens qui souffrent de timidité maladive (Song for the Loveshy). Vous y dites : «Je comprends, j’ai vécu ça, moi aussi» («I know, i’ve been there too»). Est-ce une problématique que vous avez beaucoup observée autour de vous, cette gêne extrême?
(Rires) Ouais, c’est sûr, mais je trouve que c’est plus présent au Canada qu’en France. De façon générale, j’ai remarqué qu’au Québec et dans les autres provinces, on évite davantage la confrontation sociale, et ce, sur tous les plans. C’est peut-être ce qui explique pourquoi je suis plutôt «loveshy». Timide. Je suis mal à l’aise de me faire aborder par des inconnus – et d’en aborder moi-même. Après ça, dans mon entourage… ouais, bon, c’est surtout moi, hein?

Après la sortie de votre premier album, et de vos EP, on vous a souvent qualifié d’artiste ovni, étrange, même. Est-ce que vous vous sentez comme un ovni? Est-ce un grand compliment pour vous d’être décrit comme étant «un artiste inclassable»?
Pas nécessairement… Je crois qu’on peut être à la fois très classable et très bon dans ce qu’on fait. Après ça, j’avoue que c’est dans ma nature de vouloir être différencié des autres et de faire les choses différemment. Pour moi, c’est juste une validation de la personne que je suis… ou que je crois être.

Sur votre nouvel album, vous offrez parfois une livraison plus parlée. C’est le cas pour Song for the Loveshy, notamment, pour Amour ardent aussi, et surtout pour Erection. Est-ce que ce sont les paroles de ces chansons qui demandaient à être ainsi livrées? Ou plutôt la mélodie? Ou encore la thématique?
J’aime beaucoup parler! (Rires) Dans un contexte musical aussi. Sur Contamination [mon album précédent], il y avait deux morceaux-clés qui se rapprochaient du rap. Les gens de la maison de disques [Tricatel] me l’avaient reproché. Ils voulaient que je chante davantage. Ce n’est pas pour me plier à leurs conseils ou à leurs demandes, mais sur le nouveau disque, il y a plus de chant. Il reste quand même quelques morceaux où je parle. Ça me vient naturellement.

Sur la pièce Florida Is the Future, vous parlez de cet État ensoleillé qu’est la Floride, en jumelant votre refrain à une guitare distortionnée et à une mélodie plus sombre et trouble. Est-ce que c’est ce que cette contrée évoque pour vous? Un endroit un peu oppressant, un peu trouble?
Alors ça c’est drôle, parce que j’ai récemment accordé une entrevue à une journaliste de New York et elle m’a demandé de quoi ça parle, Florida Is the Future. Je sens que j’ai raté l’entrevue parce que je n’ai pas pu répondre à la question. C’est une chanson qui est tellement codée que je ne saurais pas par où commencer. J’ai l’impression qu’il va falloir que je l’analyse vraiment, sur papier, pour pouvoir donner une réponse bien formulée.

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Sur About Singers, chanson qui ouvre le disque, vous dites que les chanteurs sont très populaires, oui, mais qu’au final, on tend à les oublier. Est-ce une peur que vous avez parfois, celle d’être oublié?
Peut-être que j’ai une peur inhérente, qui date d’il y a très longtemps, mais que je ne ressens pas au quotidien. Si on s’en tient à la psychologie freudienne, ça relève peut-être de mon ça! Après, dans About Singers, je parle d’ego artistique de façon générale. Pour dire ouais, les chanteurs se la pètent, ils font beaucoup d’argent, ils sont très populaires, mais sur une longue durée et d’un point de vue universel, au final, ça n’a pas vraiment d’importance.

Avant la sortie de Soft to the Touch, vous avez dit que cet album serait votre Hunky Dory. Le croyez-vous toujours au moment de sa parution?
En pensant à l’ensemble du travail de David Bowie, j’ai tendance à croire que oui. Mais encore une fois, c’est peut-être moi qui fantasme et qui veux me comparer à lui! (Rires) Enfin, j’ai fait cette comparaison parce que c’est un album varié, un de ses premiers, dans lequel Bowie aborde plusieurs types de pop, de plusieurs façons, avec des chansons plus rock style Velvet Underground et des morceaux qui sont clairement issus d’inspiration style cabaret.

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Jef Barbara
Soft to the Touch
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