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Questions en rafale avec l’auteur Guillaume Bourque

Photo: Frederick Duchesne

Montréalais de naissance, Guillaume Bourque a publié plusieurs poèmes et nouvelles avant de se produire comme humoriste. Il enseigne le cinéma et le français. Jérôme Borromée, le protagoniste adolescent de ce premier roman, vit à Boucherville avec sa mère qui explore le monde des voyants et des esprits. Il se retrouve mêlé à d’étranges rituels où son aussi engagés des membres de son entourage.

Que lisez-vous en ce moment?
The Secret History, de Donna Tartt, et la rentrée littéraire québécoise.

Qui sont vos trois auteurs préférés?
Jonathan Franzen, Bret Easton Ellis et Charles Bukowski.

Qu’est-ce qui vous a amené à l’écriture?
Back to the Future. J’ai vu le film à sept ans et j’ai tout de suite su que je voulais voyager dans le temps. Comme la machine n’a jamais été inventée, le moyen le plus efficace dont je dispose pour revenir dans le passé, c’est d’écrire de la fiction.

Chaque écrivain a des routines d’écriture qui lui sont propres, quelles sont les vôtres?
C’est un peu sur le mode militaire. J’ai une routine assez rigoureuse. Du lundi au vendredi, j’écris pendant quatre heures l’après-midi et je fais deux heures le soir. Le hic, c’est que ça ne marche pas toujours, en création, le mode militaire. J’ai appris que, quand ça ne vient pas, il faut que je décroche et que je m’amuse en attendant. L’autre hic, c’est que je dois travailler de temps en temps.

En tant qu’auteur, quelle est votre plus grande peur?
Oublier. Je m’inquiète quand j’oublie quelque chose. Il y a plein de bébelles technologiques autour de moi qui me rappellent qu’elles peuvent se souvenir à ma place, que ce n’est pas grave si j’oublie. Mais moi, il faut que je puisse me souvenir avec des émotions pour écrire.

Quelle est votre expression ou citation favorite?
«Ton stash de blow est su’l dash du speed boat.» C’est le personnage joué par David La Haye qui lance ça à son client junkie dans Un crabe dans la tête. C’est pour moi une réplique culte du cinéma québécois à cause de sa sonorité.

Quel livre auriez-vous aimé écrire?
N’importe quelle grande saga de science-fiction. J’aimerais être capable d’inventer tout un monde. Dune, par exemple.

Quel est votre pire défaut?
Je vais trop vite quand j’écris mes premiers jets. J’ai peur que les idées s’échappent de me tête. Mes doigts suivent, mais après je dois réparer le désastre.

De quoi êtes-vous le plus fier en tant qu’auteur?
J’ai une certaine polyvalence. J’écris de la poésie, du récit, des scénarios et même des monologues comiques. C’est pratique : quand je n’ai pas l’esprit à l’un, je fais l’autre.

Que préférez-vous dans l’écriture? Qu’aimez-vous le moins?
Ce que je préfère, c’est retravailler ce qui est déjà là. Restructurer les phrases, passer le ciseau, changer un mot, polir. Ça représente pour moi 90% du travail, ça adonne bien! L’autre 10%, c’est ce qui blesse : le premier jet. Ça me fait mal physiquement. On m’a déjà fait remarquer que je gémis quand j’écris mes premiers jets. C’est aussi pour ça que je le fais rapidement, je veux m’en débarrasser. Dans ce 10%-là pénible, il y a par contre 1% qui est extasiant : quand ça va plus vite que ma tête.

LIVRES Jérome Borromée

 

Jérôme Borromé
Boréal

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