Lovelace: star du X malgré elle
Amanda Seyfried parle de son expérience dans la peau de la vedette de la porno Linda Boreman, dite Lovelace.
En matière de cinéma, Amanda Seyfried n’a pas qu’une seule corde à son arc. Elle n’est pas étrangère aux rôles un peu plus incisifs. En plus des cinq saisons de Big Love, la vedette des comédies musicales Mamma Mia! et Les Misérables est aussi apparue dans des films plus transgressifs comme Alpha Dog, Jennifer’s Body et Chloe. Dans Lovelace, elle joue le rôle-titre, celui d’une star de la porno dont le véritable nom était Linda Boreman, et qui, dans les années 1970, a été forcée par son mari abusif (incarné par Peter Sarsgaard) de jouer dans le célèbre film porno Deep Throat, de Gerard Damiano. Métro a rencontré l’actrice.
Comment votre perception de Linda Boreman a-t-elle changé après que vous l’avez interprétée dans ce film?
C’est une femme qui a été plongée dans des circonstances difficiles. Elle a fait de mauvais choix et elle s’est perdue là-dedans. Mais par la suite, elle a tenté de se retrouver. Elle n’a pas abandonné. Elle est tombée et s’est relevée. Elle est beaucoup plus forte que ce que les gens ont voulu croire. La seule chose qui lui a permis de se relever, ce sont ses deux merveilleux enfants. Elle s’est définie par cette expérience.
Avez-vous hésité avant d’accepter le rôle?
Pas vraiment; peut-être un peu au début. On se dit toujours, est-ce que ce film est mieux qu’un autre dans lequel je pourrais être en train de jouer au même moment? Mais après ma rencontre avec les réalisateurs [Rob Epstein et Jeff Friedman], je me suis dit que ces gars-là pourraient raconter l’histoire de Linda de très belle façon.
Boreman n’était pas une femme très autonome.
Je ne réagirais pas de la même façon qu’elle aux événements. Mais en même temps, je comprends d’où viennent ses réactions. Elle était plutôt timide, très naïve et peu éduquée. Elle a fait l’erreur de tenter de s’échapper d’une famille très croyante, répressive et stricte, en tombant dans les bras de quelqu’un qui n’avait aucune intention de la sauver, mais qui allait la tirer encore davantage vers le bas.
Est-ce difficile de transmettre des émotions quand aucun dialogue ne les explique?
Parfois, c’est plus facile quand on n’a pas de répliques, parce qu’on peut faire passer beaucoup plus d’émotions par la façon dont on réagit à quelque chose. C’était encore plus facile avec Peter. Je n’avais qu’à réagir à son personnage; Lovelace le suivait, tout simplement, des étoiles dans les yeux.
Comment était-ce de tourner avec Sarsgaard?
Avec lui, je me sentais en sécurité. Il disait que pour s’identifier à quelqu’un qui est un monstre, il faut d’abord l’imaginer comme un bébé. Il faut s’y identifier comme si ce personnage était un enfant qu’on protège. Ça fonctionne vraiment. Il rendait Chuck tellement triste par moments. Ce gars est un petit salaud pas sûr de lui et inutile. Maltraiter les femmes, c’était son seul pouvoir – c’est ce qui le rend tellement triste. Il se sentait puissant quand il battait une femme. Cela fait de lui un monstre, mais aussi une mauviette.
Les scènes de sexe étaient-elles difficiles à tourner, ou avez-vous ri en les faisant?
Les scènes de sexe étaient faciles. C’était rigolo. Elles sont toutes rigolotes. Les scènes de violence, beaucoup moins, par contre. Et elles n’étaient pas faciles. Mais pas terrifiantes non plus, parce qu’elles suivaient une structure. Tout était chorégraphié.
Qu’en est-il de ce retour à l’ambiance des années 1970?
C’était super! J’avais cinq perruques. Je ne vous dirai pas que je n’ai pas eu de plaisir à faire du patin à roulettes pendant deux jours d’affilée! Il y a beaucoup de comédie, dans le film. Je me moquais du «camel toe» de Peter tous les jours. J’ai toujours regretté de ne pas être née dans les années 1960; j’aurais pu expérimenter les années 1970 et 1980. Je serais sûrement déménagée à Londres dans les années 1980, parce que j’aurais été consciente de tout ce qui s’y passait.
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Sharon Stone : Être ou ne pas être sexy
Sharon Stone est méconnaissable dans son rôle de femme de classe moyenne mal fagotée, mère du personnage principal de Lovelace. Si méconnaissable, en fait, que son propre agent ne l’a pas immédiatement reconnue quand il l’a vue en costume. «C’est génial d’être tellement immergée dans un personnage que les gens ne vous voient même plus», souligne l’actrice.
Que Stone puisse disparaître sous les traits d’une femme ordinaire et fade est particulièrement drôle à ses yeux, considérant le début de sa carrière à Hollywood. «Au début, je n’obtenais jamais de rôles parce que les gens ne me trouvaient pas assez jolie ou sexy, dit-elle. Je suis un vrai rat de bibliothèque, et j’étais toujours à la maison, timide, en train de lire.»
Heureusement pour elle, Stone a des amis influents. «Ma très bonne amie, Marilyn Grabowski, qui était l’éditrice de Playboy, m’avait dit que je devrais poser pour la page centrale. Ça me paraissait complètement farfelu. Elle m’avait fait valoir que si je disais aux gens que j’étais sexy, ils me trouveraient sexy. Alors, j’ai posé pour Playboy et… les gens ont décidé que j’étais sexy! Et franchement, c’était hilarant pour moi… Je vous jure que si vous me voyiez le matin, vous changeriez d’idée.»
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Lovelace
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