International Emmy Awards: le gala des premières fois
Au lendemain de la 41e cérémonie des International Emmy Awards, l’équipe de 30 vies peut se vanter d’avoir fait partie d’un gala prestigieux… et peut même commencer à rêver d’y revenir l’an prochain. C’est, en tout cas, ce qu’espère Fabienne Larouche.
Comme vous le savez peut-être, sûrement, la quotidienne présentée sur les ondes de Radio-Canada concourait lundi pour le prix de la meilleure Telenovela, à New York. «C’est la première fois qu’une émission canadienne était nommée dans cette catégorie», a rappelé la scénariste et productrice une fois les festivités terminées.
Mais «première fois» ne signifie pas «dernière». Bien que le prix soit au bout du compte allé à l’émission brésilienne Side By Side, produite par TV Globo, Fabienne Larouche avait quand même des étoiles dans les yeux après la cérémonie. L’équipe québécoise au grand complet semblait d’ailleurs voir l’expérience comme ayant été une chance immense plutôt qu’une petite déception. Chance d’avoir été là, chance d’avoir vécu un gala aussi chouette… La fondatrice d’AETIOS Productions a également rappelé le sentiment de fierté qui la submerge à l’idée d’avoir trouvé une place parmi les finalistes, évoquant à quel point l’expérience en a été une de «partage» avec les artisans de la télé venus d’autres horizons.
Parmi les moments marquants de cet événement new-yorkais prestigieux, on se souviendra de celui où des scènes de la quotidienne ont été projetées sur les écrans placés à travers la salle. «Ce n’était pas gênant, hein?» a demandé Fabienne Larouche avec un sourire. Lesdites scènes présentaient une confrontation entre Alexandre Vallerand (dans le rôle de Kevin, un élève atteint de paralysie cérébrale) et Guillaume Lemay-Thivierge (dans le rôle du prof Vincent Picard). Des extraits très intenses et «très bien choisis», selon l’acteur.
Autre moment émouvant: celui où le réalisateur Emad Burnat est monté sur scène pour récupérer sa statuette du Meilleur documentaire pour 5 Broken Cameras, un film qui récolte des critiques dithyrambiques partout sur son passage. «C’est un grand honneur pour moi d’être le premier Palestinien à remporter un prix Emmy. J’ai fait ce film afin de vous toucher et de raconter mon histoire au reste du monde. Merci beaucoup.» Il a ensuite terminé son discours par les mots «Free Palestine».
Par la suite, Guillaume Lemay-Thivierge, qui était accompagné de son amoureuse Mariloup Wolfe, nous a fait remarquer à quel point, grâce aux extraits des diverses émissions en lice présentés au cours de la soirée, il avait pris la mesure de «toutes les textures et de toutes les formes de jeu» qui teintent la télévision à travers la planète. L’acteur qui fait toujours preuve de beaucoup de franchise et de fierté québécoise nous a aussi fait remarquer que oui, la salle était chic, et que oui, la soirée l’était aussi, mais que nos galas sont si classe que «ça aurait très bien pu se passer à Montréal!»
Finalement, pour ceux qui seraient tentés de dire que 30 vies a «perdu», une vilaine habitude que l’on voit apparaître dans les articles post-Oscars, par exemple, rappelons ces paroles humoristiques de l’animateur John Oliver. Animateur auquel Lemay-Thivierge, qui a beaucoup ri pendant l’événement, a trouvé des airs «de Marc Labrèche». «Ce soir, il n’y a pas eu de perdants, seulement des gens qui ont échoué à vaincre.»
Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de prochaine fois, promet Fabienne Larouche.