Trop de vrai, c’est comme pas assez
La ligne entre le réel et le fictif est de plus en plus en floue et, bien honnêtement, c’est très agaçant. Pas que la créativité m’agresse, mais parfois, c’est bien de ne pas brouiller les cartes entre la réalité et la fiction.
Je m’explique.
Twitter et Facebook sont envahis de comptes reliés aux émissions populaires présentement en ondes. Sans pointer personne du doigt – ce n’est pas le but de l’exercice –, il serait tout de même temps de mettre un frein à cette pratique complètement ridicule.
Les réseaux sociaux sous-entendent, de par leur nature même, une interaction sociale. Qui dit société, dit individus. À ce que je sache, les frasques d’un personnage fictif d’une série télé ne représente pas un maillon actif de notre société.
Je comprends l’envie de promouvoir son produit, c’est normal, l’industrie carbure ainsi. Mais de là à envahir l’espace des usagers, il y a une marge à ne pas franchir à mon avis.
Je ne souhaite pas de mal aux gestionnaires de communautés qui font un travail émergent et stimulant, mais ils alimentent une culture du vide franchement malaisante en offrant une voix à la fiction sur la place publique. Comme si, quand j’étais bambin, Chucky, de la populaire série de films Child’s Play, était venu me piquer un brin de jasette avant mon petit dodo. J’aurais probablement fait de l’insomnie jusqu’au cégep à la suite de ce genre de transgression.
Ce n’est pas aussi extrême aujourd’hui, mais les effets ne sont pas moins pervers.
Aussi, un autre truc qui me titille pas mal se matérialise par la fausse représentation de la réalité à l’intérieur de nos émissions.
Les réunions de production filmées, par exemple, où les coulisses chorégraphiées, c’est quoi l’utilité?
Je pose mes fesses devant mon téléviseur, je sais que je visionne des images fabriquées, conçues pour me plaire. Une réalité polie au maximum afin de rendre mon expérience mémorable. En quoi le fait de simuler le processus créatif d’une émission pour les caméras ajoute à mon expérience? J’ai plutôt l’impression de perdre du contenu quand on me l’enrobe avec une partie du contenant.
En savoir sur les coulisses, c’est bien, mais se faire présenter l’arrière-scène comme si ce n’était pas scénarisé, c’est spectaculairement inutile.
Encore là, on ne pointe personne, mais les coupables sont très nombreux.
Ces deux éléments illustrent assez bien le piège d’inclure la fiction dans la réalité et vice versa.
Laissez mes réseaux sociaux tranquilles, libres de ces incursions éphémères d’entités fictives.
BONUS: Tant qu’à parler de coulisses fictives, amusons-nous sur le thème. Un classique, Singin’ in the Rain.
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