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Alexandro Jodorowsky: ré-évolution poétique

Il y a un an, en mars 2011, le célèbre artiste pluridisciplinaire Alexandro Jodorowsky a séjourné à Montréal afin de prononcer quelques conférences, à l’initiative de François Gourd, a reçu le soutien logistique et financier du sculpteur Armand Vaillancourt.

Une soirée hommage composée de performances éclatées avait alors été organisée pour celui qu’on surnomme Jodo. Personnage culte d’origine chilienne, cet inclassable artiste porte les casquettes de cinéaste, bédéiste, comédien, psychomagicien, mime et écrivain. Le documentaire Alexandro Jodorowsky, grand rectum de l’Université de Foulosophie, de Matthieu Bouchard et François Gourd, immortalise cette semaine aussi sautée qu’historique.

Monsieur François Gourdorowsky, auriez-vous la gentillesse de nous décrire votre film?

C’est un film qui rend heureux. Ceux qui l’ont vu me le disent. Les ingrédients? Un homme extraordinaire qui a toujours utilisé la créativité et l’art pour guérir le monde. Moi, ça m’a guéri.

À quel moment avez-vous découvert l’homme et son œuvre?
En 1972 et en 1974, avec la sortie de ses films El Topo et La montagne sacrée. Après, ç’a été par ses bandes dessinées, car il est un incontournable du 9e art. À Montréal, quand je faisais la publicité pour sa venue, les jeunes punks me disaient : «Ah Jodo! L’incal, les Méta-Barons…» Il y a une dizaine d’années, j’ai lu sa biographie La danse de la réalité. On y découvre son parcours magnifique. C’est lui qui, notamment, a inventé le théâtre de la guérison, la psychomagie, les adaptations des méthodes de chamans…

Cette psychomagie, contrairement à ce qu’on pourrait penser d’emblée, a une base scientifique, dont les travaux de Jung, non?

Oui. En fait, lorsqu’il est venu à Montréal, plusieurs docteurs et des gens qui travaillent dans le milieu de la santé sont allés le voir, car il repousse les limites de la guérison. Nous qui l’avons accompagné, nous avons vraiment constaté que ça marche, même si je ne sais pas trop ce qui se passe. Les gens viennent, il leur fait un petit tarot, et ils repartent délestés d’un problème psychologique.

Dans votre film, on peut percevoir que Jodo utilise le tarot de façon métaphorique, et non pas comme s’il s’agissait d’y lire l’avenir, comme le font une pléthore de charlatans…  
Pour lui, le tarot est un moyen. Il a fait des recherches très fouillées à ce sujet, ce qui a donné lieu à un imposant ouvrage. Il utilise le tarot comme d’autres le Yi-King, c’est un prétexte. Nous pourrions établir un parallèle avec la façon dont les médecins chinois prennent le pouls des gens pour en arriver à formuler des constats du type : «Ton foie est faible.» Jodo scanne les personnes. Et puisque nous sommes tous plus ou moins blessés par 2 000 ans de bêtise humaine, il s’avère facile pour lui de trouver l’endroit où, sur le plan émotif, les gens sont marqués.

Qu’est-ce qui vous a le plus étonné en côtoyant Jodorowsky au quotidien?

La puissance insoupçonnée de son aura. C’est un véritable chaman, encore aujourd’hui, à 82 ans.

Alexandro Jodorowsky, grand rectum de l’Université de Foulosophie
Au cinéma ExCentris

Jusqu’au 22 mars

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