Culture

TINY: virage en «petit»

Photo: Kevin Hoth |collaboration spéciale

Construire sa maison soi-même – une toute petite maison – à l’aide de vidéos YouTube et d’infos glanées sur des blogues. Christopher Smith l’a fait, aidé de sa copine, Merete Mueller. Ils racontent leur histoire et leurs découvertes dans leur film, TINY: A Story About Living Small.

Ce défi, né d’un rêve et de la nécessité, les a amenés à découvrir le mouvement «petite maison» (tiny ou small house movement).

Au tournant de la trentaine, Christopher Smith sent le besoin de s’enraciner. Son rêve d’un chalet dans les montagnes du Colorado le titille aussi de plus en plus. Un peu sur un coup de tête, il achète un terrain de 5 acres (20 000m2) pour y construire une demeure.

L’immensité du paysage de ce coin du sud-ouest des États-Unis contraste avec la petitesse de l’habitation. «Au début, on voulait construire une maison un peu plus grande, peut-être de 300pi2 [28m2], avec des fondations, raconte Merete Mueller, qui a coréalisé le film avec Christopher Smith. Mais quand on a commencé nos recherches, on a appris que c’était illégal dans plusieurs comtés, dont le nôtre, de construire des demeures de moins de 600pi2 [56m2].»

À partir de cette nécessité de réviser ses plans, le couple s’est engagé, sans expérience aucune, sans plan préalable, sans budget spécifique ni réelle préparation d’aucune sorte, dans la construction d’une toute petite habitation d’environ 125pi2 (12m2, ou environ 6m par 2m). La bâtir sur une plate-forme sur roues, comme la plupart de ces habitations, leur a permis de contourner l’interdiction de construire si petit.

On assiste donc à la démarche de Christopher Smith et de Merete Mueller dans ce documentaire à la base plutôt personnel. On les observe dans leur cheminement et leurs réflexions, notamment sur le concept du chez-soi. On les voit bâtir, sabler le plancher, fabriquer des rideaux. Mais aussi, on découvre avec eux certains acteurs du mouvement tiny house et leurs motivations. De fil en aiguille, ce qui devait être un court métrage sur leur propre expérience, s’est ouvert à d’autres adeptes des petites habitations. On en rencontre six, dont Darren Macca et Ann Holley, qui vivent à deux dans 12m2, et Dee Williams, qui habite dans 8m2. Des architectes, des blogueurs et des professeurs d’université viennent bonifier le portrait.

Le mouvement tiny house
Alors que la taille des ménages a tendance à diminuer, celle des habitations, elle, prend une direction contraire. À contre-courant, certains préfèrent réduire la taille de leur maison et, conséquemment, celle de leurs paiements hypothécaires.

Il y a quelques années, on faisait surtout le saut pour améliorer sa qualité de vie et pour de travailler moins afin de vivre mieux, en mettant l’accent sur les relations interpersonnelles plutôt que sur les possessions. Aujourd’hui, certains se tournent vers les petites maisons parce que c’est le seul moyen d’accéder à la propriété, crise économique oblige.

«Christopher et moi sommes des environnementalistes, nous avions cette idée en tête que plusieurs de ceux que nous allions rencontrer étaient aussi motivés par l’aspect environnemental des petites maisons. Mais nous nous sommes aperçus que la plupart d’entre eux étaient motivés par des raisons financières, comme s’affranchir des dettes, raconte Mme Mueller. Nous n’avons interviewé personne qui vivait dans une petite maison, concède-t-elle. Mais j’ai échangé avec des gens qui avaient perdu leur chez-soi dans une saisie ou qui avaient perdu leur entreprise durant la crise.»


TINY: A Story About Living Small
En DVD, sur iTunes et Netflix

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