Des Canailles polies
La joyeuse bande de Canailles vous invite à Manger du bois. Entretien avec la chanteuse, Daphné Brissette.
Mardi était une grande journée pour la bande de «bluecrass» Canailles. Leur premier LP, à savoir le délectable Manger du bois, sortait en magasin sous étiquette Grosse Boîte. «On a hâte d’aller au Archambault tous ensemble pour voir de quoi a l’air notre rack! Il paraît que c’est une tradition pour les groupes!» s’est exclamée Daphné Brissette, chanteuse de la bande, dont la belle voix rauque rappelle celle de Coco Hames, des Parting Gifts et des Ettes.
L’an dernier à pareille date, Daphné et ses sept comparses participaient aux Francouvertes. Même si c’était «contre leurs principes», ils s’étaient inscrits au concours et avaient fini par remporter la troisième place. Avec le recul, participer à l’événement, ç’a eu du bon? «Oui. Dans le temps, on était encore au stade de band de party assez brouillon. Nos shows, c’était un peu n’importe quoi!» se remémore Daphné. Les préliminaires des Francouvertes nous ont donné une bonne claque dans’ face! On a sorti le fouet par après. On s’est mis à être plus ordonnés et à faire le ménage dans ce qui ne marchait pas…»
Depuis, les membres de Canailles, nom choisi parce que «c’est une manière plus polie de dire des chiens bâtards, ont bossé dur pour sortir Manger du bois. Menée par le désir de «sortir du circuit folk québécois», la bande a fait appel à Socalled pour la réalisation. L’accordéon, le climat joyeusement bordélique, l’ambiance de méchant party, le mélange savant de styles – l’union entre l’octuor et l’inclassable rappeur semblait prédestinée. «On voulait travailler avec quelqu’un de complètement différent, observe Daphné. On avait entendu le disque de Geoff Berner qu’il avait réalisé et on trouvait que ça sonnait super bien. En plus, Socalled, c’est un gars très sociable, alors on s’est dit que ça allait bien marcher avec nous!»
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Pour ce qui est des thèmes traités, à l’instar de l’ami Bernard Adamus, qui donne également de la voix et de l’harmonica sur certaines piè-ces, Canailles aborde la vie en marge. Procrastination, bad lucks, ménage remis au lendemain, renonciation à la boisson remise à encore plus tard… «Ce sont tous des faits vécus!» rigole la vocaliste. Représentative du climat qui règne sur l’opus, la «chanson d’amour» du disque, Ramone-moi, est un dialogue entre Dan Tremblay (voix, banjo, guitare) et Daphné, dans lequel ils se promettent de «s’électrocuter pour le plaisir» ou de «se faire grimper dans les rideaux et s’arracher les poils de dos». «Dan a écrit ça dans son adolescence avec ses amis. À un moment donné, il a commencé à la jouer; moi, j’ai ajouté des paroles dessus. Ç’a donné un duo masochiste. Masochiste, mais aussi poétique… et poli!»
Au milieu de cet opus porté par une folle énergie, on retrouve également deux pièces plus mélancoliques, Train et Muraille de Chine, dans laquelle Daphné confie qu’elle se sent «comme un vieux sandwich pas d’croûte». «C’est drôle, parce que ces chansons prennent davantage leur sens sur l’album. Comme nos spectacles sont souvent des gros shows de brosse, faire passer ces morceaux-là, c’est un peu plus difficile! On s’est dit que ce serait un moment plus touchant sur le disque – pour faire un creux et remonter la pente après.»
Pour finir, au sujet du concert-lancement qui s’en vient le 19 avril prochain, le groupe promet trois choses. «Ça va être beau, propre et professionnel!» Parole de Canailles.
Manger du bois
Présentement en magasin
À la Sala Rossa
Le 19 avril à 20 h