Casser la croûte pour casser les conflits
Pas une émission de cuisine, ni un reportage politique, pas non plus une série sur le tourisme: À table avec l’ennemi, ce n’est rien de ça, mais tout ça à la fois, assure l’un de ses animateurs, le journaliste Frédérick Lavoie, qui est peu friand des étiquettes: «C’est une quête pour mieux comprendre les conflits, résume-t-il. Le but, c’est de mettre des gens de camps opposés à table ensemble pour leur permettre de se dire les choses en face, dans le respect. Et la bouffe crée un lien vraiment humain.»
Le concept, inspiré du format norvégien Til bords med fienden, est fort simple et peut sembler utopique: dans une région meurtrie par un conflit (la Colombie, dans le cas de l’épisode visionné hier par les médias), Frédérick Lavoie et son comparse, le chef cuisinier Charles-Antoine Crête, invitent des gens des deux camps ennemis à venir partager un repas (cuisiné par Crête «avec les moyens du bord») au cours duquel ils pourront échanger leurs points de vue. «On a un plan de départ qui est très flexible, car on ne sait pas à l’avance qui acceptera ou non de prendre part au repas», souligne Frédérick Lavoie.
L’émission ne comprend pas que la portion du souper, mais aussi les démarches entreprises par l’équipe pour recruter ses participants, permettant au passage à un profane de comprendre les grandes lignes du conflit et de la culture du pays. Et est-ce que les deux comparses croient que leur démarche peut véritablement changer quelque chose? «On n’est pas l’ONU, précise Lavoie. On ne réunirait pas forcément les grands décideurs, c’est davantage un laboratoire pour voir si une telle idée pourrait fonctionner. Et on arrive vraiment à établir des dialogues. Ces gens-là ne se parlent pas, mais souvent leurs idées sont plus similaires qu’ils ne le pensent.»
À table avec l’ennemi
Sur les ondes de TV5
Le jeudi à 20h dès le 13 novembre