Beauty and the Beast : Histoire éternelle
Plus de 20 ans après sa création, le dessin animé basé sur le conte La belle et la bête demeure certainement l’un des plus grands chefs-d’œuvre des studios Disney, en raison, notamment, de scènes visuellement époustouflantes et de chansons marquantes, qu’on a toujours autant de plaisir à entendre. C’est pourquoi le film était tout indiqué pour renaître sur scène sous forme de comédie musicale. Et l’adaptation qu’en ont tiré Stanley A. Meyer et son équipe a fait mouche, puisque la pièce a été à l’affiche pendant 13 ans sur Broadway, pour ensuite être présentée un peu partout dans le monde. Et mardi soir, c’est à Montréal que la production s’installait le temps d’offrir huit représentations.
Cette comédie musicale forcément très bien rodée jouit d’une scénographie absolument enchanteresse, aux décors évoquant très bien les atmosphères tantôt lugubres et tantôt lumineuses du film, en plus de pouvoir compter sur une histoire indémodable que beaucoup connaissent par cœur.
C’est d’ailleurs une version très près de l’originale que propose la troupe, pour le plus grand plaisir des nostalgiques. Si bien, toutefois, que lorsque de nouvelles chansons sont incluses, on en est parfois agacés, l’ajout essoufflant le rythme. Mais du reste, les libertés prises servent généralement l’histoire et permettent une meilleure cohérence – on pense entre autres au fait que les serviteurs du château se transforment progressivement en objets, ce qui explique leur aspect beaucoup plus humain, forcément, que dans le dessin animé.
L’œuvre est par ailleurs portée par une série d’excellents comédiens-chanteurs, notre coup de cœur allant à Logan Denninghoff, qui offre une interprétation succulente du détestable Gaston. Charismatique à souhait, Emily Behny a su quant à elle conserver la personnalité à la fois délicate et volontaire de Belle, et Dane Agostinis, dont la voix est tout simplement renversante, nous propose une Bête toute en contrastes qui fait honneur à celle de la version originale. Si certains membres du reste de la distribution versent parfois un peu dans le cabotinage, ils s’en tirent néanmoins tous très bien également.
Certains numéros sont particulièrement mémorables, notamment, on s’en doutait, celui accompagné de la célèbre pièce Be Our Guest, où ustensiles et vaisselle s’animent pour créer un véritable festin sous les yeux de Belle. Sur scène, bien que de façon bien différente, la magie est tout aussi présente. On adore aussi la réinterprétation de la fameuse ode à Gaston.
Un bémol, toutefois; malgré une durée de près de trois heures et certains moments un peu longs, la finale semble très précipitée et nous laisse un peu sur notre faim. Mais on le pardonne facilement dès qu’a lieu l’impressionnante transformation de la Bête en prince, et le premier baiser… Difficile de ne pas rester sous le charme de ce conte de fées qui demeure toujours aussi beau!
Beauty and the Beast
Salle Wilfrid-Pelletier
Jusqu’à dimanche