Culture

Pour qui était ce Bye Bye ?

Bye Bye 2014 Photo: ICI Radio-Canada Télé

C’est fait – le saut vers le Nouvel An est derrière nous avec, dans son sillage, le répertoire habituel de revues de fin d’année, de bilans et de résolutions à la va-vite entre deux coupes de Harfang des neiges bien froid.

Bref, les vacances des fêtes achèvent. On peut donc faire un retour sur l’édition 2014 du classique du 31 au soir dans plusieurs chaumières : le Bye Bye.

Je dis plusieurs chaumières, mais je me demande de plus en plus pour qui est écrit le Bye Bye du Nouvel An.

Avant de poursuivre, il m’est important de préciser un détail : je n’ai pas aimé le Bye Bye 2014. Je ne l’ai pas aimé, mais je n’ai pas de critique assassine non plus à son endroit. Je n’étais juste pas la cible de cette heure et demie de télévision. Pourquoi? Je me le demande encore.

Parce qu’on ne peut pas descendre le travail accompli par l’équipe. Il est colossal et ça paraît à l’écran. Les musiques, les imitations, les décors, le rythme, l’écriture, la recherche, etc. Le travail flash à l’écran et en ce sens, c’est normal de voir des critiques généralement élogieuses au lendemain de la diffusion.

Les gens du milieu veulent saluer le travail et souligner l’effort incontestable de l’équipe. En ce sens, on ne peut pas contredire les éloges. Le Bye Bye, c’est de la bonne télévision sur laquelle travaille une équipe rodée au quart de tour.

Mais – je me demande quand même qui est la cible de ces gags?

Trop politique (à mon avis), trop bitch avec des cibles convenues (les politiciens) et un brin redondant au niveau du cynisme. Oui les Libéraux sont « pas fins », on comprenait la ligne directrice après le numéro d’ouverture. Mais il s’est passé quoi au Québec ensuite? Tout n’est pas politique pour la moyenne des ours. La musique d’ici, la télé d’ici, la télé, l’actualité et les faits divers? RBO avait cette force d’oser se moquer des confrères et consœurs de la communauté artistique. L’équipe de cette année? Plus frileuse, disons-le.

C’est ma seule piste de solution en fait. Le défaut du Bye Bye est un produit de l’une de ses qualités : le talent de son équipe. Parce que la troupe chapeautée par Louis Morissette et François Avard est talentueuse, engagée et politisée, elle ne possède peut-être pas la distance nécessaire afin d’offrir une revue de l’année qui ratisserait plus large. Il y avait plusieurs redites au niveau des gags – avec Pauline Marois, Philippe Couillard et Gaétan Barrette, par exemple – si bien qu’on s’enfonçait dans un entonnoir où la polyphonie n’avait pas sa place. Ce qui était irritant.

Il faut donc saluer le travail et souligner les bons coups, mais on peut aussi prendre le temps de réfléchir. Parce que l’humour politique, essentiellement, en est un qui fait appel à notre capacité d’analyse et de réflexion. Notre droit à la critique d’une certaine façon. On peut donc dire que le Bye Bye n’était pas notre tasse de thé sans se faire démoniser sur la place publique.

Du moins je crois et j’espère.

Et vous, est-ce que c’était pour vous le Bye Bye? Était-ce un bon compagnon de réveillon ou plutôt une petite routine matinale du lendemain en pantoufles?

Je vous laisse sur un tweet que j’ai publié au courant de la diffusion du 31 au soir qui encapsule mes impressions à chaud. J’ai décanté depuis, mais je pense encore que la revue d’Infoman devrait clore la soirée télé du 31.

Je vous en parle plus la semaine prochaine avec ma critique du reste de la soirée.

Bonne année 2015 et, surtout, bons visionnements.

P.-S. : Pour l’an prochain, on pourrait faire sans les jokes de gros, de moustaches et de poils. C’est un peu hypocrite de passer le plus clair de l’année à dénoncer l’intimidation pour finalement rire d’une politicienne à cause de sa pilosité lors du Bye Bye. Un peu de suite dans les idées, s’il vous plaît.

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