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Samba, l’après-Intouchables

Photo: David Koskas

Omar Sy parle à Métro de son rôle de sans-papiers sénégalais dans Samba, pour lequel il a retrouvé Éric Toledano et Olivier Nakache, trois ans après Intouchables.

Jouer à nouveau dans un film d’Éric Toledano et Olivier Nakache, est-ce un peu comme rentrer chez soi?
Il y a un peu de ça, oui. C’est avec eux que j’ai commencé et que j’ai appris un tas de choses. Ils m’ont toujours demandé plus et poussé à aller au-delà de ce que je savais faire. Relever des défis avec eux, c’est plus simple, parce que je me sens en confiance et que j’ai envie de donner le maximum.

Aviez-vous l’impression d’être attendus au tournant après Intouchables?
On n’a pas tenu compte de l’après-Intouchables pendant le tournage. On n’y pensait pas. Pour nous, c’était juste un nouveau film qu’on faisait ensemble. On a choisi un sujet fort et proposé autre chose. Quel que soit le score final d’Intouchables, on aurait sûrement fait ce film. Quant à la pression, elle est là pour chaque projet. Elle n’était pas plus grande pour Samba.

Quelle a été votre réaction en découvrant le personnage de Samba?
Il est assez parlant et touchant, mais, en même temps, pas simple à jouer pour moi. On a la même base, la culture du Sénégal, que je connais. Mais après, ce qu’il vit en France, ses peurs, sa résistance, ses doutes… Ça, je ne l’ai pas. Il fallait me mettre dans cette peau-là. (Réflexion) J’essaye de mettre de l’émotion dans tout ce que je fais, même si je n’ai pas la technique. Je suis un acteur sans formation. Je fais les choses comme je peux. Ce rôle ne reposait pas sur le naturel et sur ce que je suis. Il nécessitait une posture, un accent…

Justement. Parlons de l’accent… C’est un exercice casse-gueule parce qu’il ne faut pas sombrer dans l’exagération…
Exactement. Il ne fallait pas tomber dans la caricature. Je devais le réduire pour le rendre crédible… Éric et Olivier m’ont aidé à trouver cette note. C’est un exercice qui demande de la concentration. Parfois, l’accent partait, puis il revenait. On a travaillé sur sa constance.

«Je suis allé voir certaines personnes qui n’ont pas de papiers. J’ai eu des conversations avec elles. Par ailleurs, ce qui m’aide [quand je travaille avec] Éric et Olivier, c’est qu’ils mettent des choses réelles autour de moi pour que je me plonge dans le rôle.» – Omar Sy, évoquant le centre de rétention qu’on voit dans Samba

On parle souvent de l’immigration de manière négative. Pour vous, que symbolise-t-elle?
Ça fait partie de notre société aujourd’hui. C’est quelque chose qui n’a pas été réglé. Les gens ne trouvent pas de solution. C’est pareil dans le monde entier. Il n’y a pas de solution à ça. Moi, je ne l’ai pas. En racontant l’histoire de ces gens, le film peut éventuellement aider à la discussion.

Samba est un travailleur volontaire qui rompt avec le cliché permanent de l’immigré qui veut profiter du système…
Oui, on montre que c’est un homme volontaire, qui a envie de faire des choses, qui travaille et qui est prêt à effectuer des tâches ingrates, des travaux que personne ne veut faire. Le débat sur les sans-papiers est délicat. J’ai mon émotion, mon ressenti, mais c’est à chacun de se faire son propre avis après avoir vu le film.

https://www.youtube.com/watch?v=I8r8-nOe8BM

Samba
En salle dès vendredi

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