L’été (très) occupé de Stéphan Bureau
Le festival Juste pour rire rythme les étés de Stéphan Bureau depuis 11 ans. Cette année, on verra le journaliste et animateur notamment sur les scènes du Gala hommage – son dernier – et de Dieu merci! Projecteurs sur ces deux projets… et sur l’humour en 2015.
Dieu merci!
Quand Stéphan Bureau s’est fait proposer d’animer les soirées de sketchs Dieu merci!, il a trouvé deux bonnes raisons pour accepter. D’abord, ça allait lui donner l’occasion – douze fois plutôt qu’une! – de tâter de la scène avant l’animation du Gala hommage, lui qui ne monte pas très souvent sur les planches. L’autre raison est plutôt simple: «Ça me tentait. Je savais que ça serait le fun», explique M. Bureau, qui avait déjà porté les deux chapeaux d’animateur du concept (en remplacement d’Éric Salvail) et d’invité.
Sous son impulsion, les soirées Dieu merci! regroupent cette année des invités selon certaines thématiques. On y verra ainsi dans les prochains jours des comédiens des émissions SNL, Km/h, Rumeurs, Les Appendices et de Rythme FM (avec, notamment, Mario Lyrette, «qui est, paraît-il, une légende dans le monde de Dieu merci!. Il arrive avec ses propres accessoires, ses propres personnages», précise M. Bureau). Et, le dernier soir, on aura droit à des surprises. «Les invités ont un lien entre eux, ça crée une espèce de sous-texte. Ce ne sont pas trois personnes qui viennent s’affronter.»
Galas hommage
On sait depuis un moment déjà que c’est François Pérusse qui sera célébré cette année, le 20 juillet. Mais on ne peut pas en apprendre beaucoup plus, et pour de bonnes raisons. «Le secret, vous comprenez, n’a pas pour but de titiller la curiosité des gens. C’est la fête à quelqu’un. Veux-tu appeler l’invité et lui dire: “Aie, ton bon chum qui habite en Chine prend l’avion pour venir te voir!”? Tu peux le lui dire, bien sûr, mais ça serait plate.»
À propos du sujet du dernier Gala hommage qu’il animera, Stéphan Bureau souligne l’énorme cote d’amour dont jouit Pérusse. «François a un rapport à son public qui ressemble au rapport qu’ont des rock stars monstrueuses avec leurs fans, ou des membres d’une secte vraiment tissée serrée avec leur gourou.»
Quand on lui demande s’il peut mettre le doigt sur son meilleur souvenir de ces galas, Stéphan Bureau ne sait que répondre. Faire un choix est trop difficile. «Quand on fait ça, on singularise quelque chose par rapport au reste. Je ne peux pas faire ça!» Mais quelques moments émergent quand même. «Je me rappelle mon premier Gala hommage, pour Clémence [DesRochers]. D’abord, on n’avait pas annoncé que c’est moi qui animais. C’était un secret total. Je me suis présenté sur scène, et les gens ont fait: “Oooooooooh, bizarre…” Et c’était ça, l’idée. C’était un moment de pure poésie.»
M. Bureau dit adieu à l’animation des galas, mais voudrait que la formule perdure. «Mon souhait, c’est que les Galas hommage devienne des incontournables dans l’univers des rendez-vous culturels. C’est comme s’il y avait une trêve: [même si certains invités sont plus associés à un réseau de télé qu’à un autre, tout le monde s’unit autour de la personne qu’on célèbre]. C’est comme pendant la Première Guerre mondiale, quand les adversaires se sont retrouvés au milieu des tranchées pour fêter Noël! »
«C’est le fun d’être stressé pendant l’été, mais j’ai envie de laisser la chance à d’autres de vivre cette expérience!» – Stéphan Bureau, qui a commencé à s’impliquer dans le festival Juste pour rire en 2004, avec le Gala hommage à Clémence Desrochers et la première des Grandes Entrevues, avec Pierre Richard. Après 11 ans, l’animateur et journaliste ralentira la cadence.
L’humour en 2015
«La beauté en ce moment, c’est l’arrivée massive de jeunes talents naturels qui sont quasiment génétiquement programmés pour la performance», raconte l’animateur. Mais si l’écosystème humoristique québécois est très riche actuellement, Stéphan Bureau déplore le rétrécissement de la marge d’audace que les humoristes se permettent.
«On se surveille de très près, on fait très attention. Je pense qu’à une époque les humoristes ont été des observateurs sociaux irrévérencieux, capables d’éreinter certaines idées reçues. C’est très difficile de provoquer, je le comprends. Il faut toujours s’expliquer ensuite. Ça fait peur. Mais au contraire, l’humour devrait être un secteur où on a le droit de prendre des risques. De se tromper, de choquer, pafois même pour les mauvaises raisons. Je n’aurais pas voulu que George Carlin, Richard Pryor ou Yvon Deschamps évitent de prendre des risques… Je ne suis pas humoriste, donc je ne peux pas parler à leur place, mais je pense que c’est un contexte difficile.»
Autres occupations
Deux autres projets complètent le tour d’horizon des occupations de Stéphan Bureau à Juste pour rire cette année.
- Le téléthon Juste pour aider sera enregistré et diffusé en direct ce dimanche. L’argent amassé sera donné à La maison du Père et à Comic Relief.
- Quelques-unes des Grandes Entrevues (90 minutes avec une personnalité culturelle marquante) ont déjà été tournées, et les autres le seront en septembre. Les Grandes Entrevues tireraient elles aussi à leur fin, après 11 ans. «On est en train d’atterrir. Si ce n’est pas maintenant, ce sera peut-être l’année prochaine», précise M. Bureau.
Dieu merci!, jusqu’au 18 juillet
Gala hommage à François Pérusse, le 20 juillet
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