Culture

La beauté selon Half Moon Run

Isaac Symonds, Conner Molander, Devon Portielje et Dylan Phillips Photo: Yani Clarke/collaboration spéciale

Après avoir connu le succès avec Dark Eyes, les Montréalais d’adoption du groupe Half Moon Run reviennent avec un second album, Sun Leads Me On. Un son agréablement familier, globalement moins planant, mais plus rock et plus audacieux.

Attendu, le nouvel album d’Half Moon Run? Si on se fie à la vitesse à laquelle les billets pour les quatre concerts annoncés au Métropolis en avril prochain se sont écoulés, la réponse est oui!

C’est pourtant à Dublin que les gars seront ce soir, pour leur premier concert post-lancement. Simple question de logistique. Half Moon Run considère toujours Montréal comme la «maison», affirme en français le batteur aux multiples talents Dylan Phillips, qui a accueilli Métro cigarette électronique à la main, au cours d’une journée marathon d’entrevues. «Mont­réal repousse toujours les limites. On espère faire les choses les plus spéciales ici.» Comme donner éventuellement un énorme show extérieur. «On en rêve», déclare-t-il, ajoutant que pour le groupe, c’est l’expérience pour les fans qui compte le plus.

Après leur immense tournée – près de 400 concerts – pour présenter leur premier album, les gars de Half Moon Run étaient épuisés. «Quand on a fait Dark Eyes, on habitait à Montréal, on avait nos vies ici, nos jobs, nos amis… La musique venait de ça.» Retrouver la créativité malgré la fatigue et la perte de repères n’a pas été facile, mais un séjour de surf en Californie les a aidés à y parvenir. «Il fallait “shaker” les choses», confie Dylan. Puis, le «flow» est revenu, des mois après la tournée. «C’était juste une question de continuer chaque jour. De se dire : “On veut que ça marche. Il faut trouver la beauté.”»

«Les gens ont des attentes, et ça nous a fait sentir une pression. Ça aurait été facile de faire quelque chose pour plaire à tout le monde, croit Dylan. Mais qu’est-ce qu’on veut faire vraiment? C’est pas toujours facile de répondre à cette question. On est fiers de l’album.»

Un titre, plusieurs significations
«Sun Leads Me On, c’est un peu l’idée qu’il faut trouver la beauté dans ce qu’on fait, même quand c’est vraiment difficile, précise le musicien. Mais ça veut dire plein de choses en même temps. L’évolution de toute la vie sur terre, par exemple, qui commence dans l’océan, avec les petits organismes qui vont à la surface à cause du soleil, qui développent des yeux à cause du soleil.» Et «lead me on», c’est aussi une expression qui veut dire avoir été floué et déçu, fait-il remarquer. « Les paroles, je les interprète à ma manière, et c’est avec cette énergie-là que j’écris mes parties de drum ou de basse. Et après, dans le band, on parle un peu de ça et on se rend compte que ça voulait dire quelque chose de complètement différent pour chaque personne! J’aime ça. On ne peut pas dire que les paroles veulent dire une chose précisément.»

En rafale
Métro a demandé à Dylan Phillips son opinion sur quelques-unes des nouvelles chansons.
• Celle qui a représenté le plus grand défi? Trust. «C’était un peu une entorse à notre son, à notre style d’écriture habituels. C’est le fun d’essayer un style qui est hors de ta zone de confort.»
• La plus inattendue? «Je parle probablement juste pour moi, mais je dirais Warmest Regards. Je ne l’aimais pas au début, je me disais “j’ai déjà entendu ça, c’est trop familier.” Maintenant, c’est une de mes préférées sur l’album.»
• Celle qui le touche le plus? «C’est difficile à dire. J’ai aimé depuis le début I Can’t Figure Out What’s Going On. J’ai un grand plaisir à la jouer. Le groove coule vraiment bien. Elle représente aussi le sentiment d’être un peu perdus qu’on avait après le premier album. Sinon, Narrow Margins. Pour moi, ça va avec le fait de poser ses propres limites en tournée. C’est très personnel.»
• Celle à laquelle il s’identifie le plus? «Throes, un solo de piano.»

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