Saint-Léonard – Saint-Michel : un bastion qui s’effrite ?

Saint-Léonard – Saint-Michel : un bastion qui s’effrite ?
La circonscription est composée de l'arrondissement de Saint-Léonard, ainsi que d'une partie de Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension.

Saint-Léonard – Saint-Michel a longtemps été considéré un bastion du Parti libéral, qui n’y a jamais perdu un scrutin. Mais l’avenir politique de cette circonscription de l’est de Montréal semble incertain en ce début de campagne électorale fédérale. En cause, une succession rapide de députés et une investiture libérale controversée. Pour les autres formations politiques qui tentent de la ravir, c’est une occasion en or.

Englobant l’arrondissement de Saint-Léonard et une partie de l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, la circonscription comptait, lors des dernières élections, près de 77 000 électeurs, sur une population de 113 000 personnes.

Réputé pour son importante présence italienne, le visage de la circonscription change peu à peu. Depuis quelques années, une communauté d’origine maghrébine y prend de plus en plus de place, ce qui pourrait venir brouiller les cartes. Lors du dernier recensement, les deux langues étaient presque côte à côte, alors que 16% des résidents déclaraient avoir l’Italien comme langue maternelle, contre 11% pour l’Arabe.

De nombreux déboires

Depuis la démission de Nicola Di Iorio en janvier 2019, aucun député ne représente la circonscription à la Chambre des communes, la loi empêchant le déclenchement d’une élection partielle à moins de 9 mois d’une élection générale. Qualifié de « député fantôme » en raison de ses nombreuses absences au parlement, son départ s’est transformé en saga. Après avoir annoncé sa démission en grande pompe, l’avocat devenu politicien s’est rétracté puis, après moult tergiversations, a officialisé son départ.

Son prédécesseur, Massimo Pacetti, avait également eu un départ tumultueux, alors qu’il s’était fait exclure du caucus libéral après des allégations d’inconduite sexuelle à l’égard d’une députée du NDP.

Dernière controverse, le retrait de la candidature de Hassan Guillet. Celui-ci, qui avait remporté l’investiture, a été écarté en raison de la médiatisation d’anciennes publications controversées diffusées sur les réseaux sociaux. Bien qu’il affirme toujours que le PLC était déjà au courant de ses publications avant même le dépôt de sa candidature, la décision du parti est irrévocable. Patricia Lattanzio, défaite à l’investiture, est par la suite nommée candidate pour la formation.

Des prétendants à l’assaut de la forteresse

En 2011, au plus fort de la vague orange, le NPD a mené une chaude lutte dans la circonscription; les libéraux l’avaient emporté par moins de 4 000 voix. Le résultat montre alors que le château fort n’est pas forcément imprenable.

Cette fois, le Parti conservateur, représenté par Ilario Maiolo, espère ravir le secteur, comptant sur un fort appui de la communauté italienne, ainsi que sur un désenchantement à l’égard du parti au pouvoir.

De son côté, la candidate néodémocrate Paulina Ayala espère répéter ses exploits dans une nouvelle circonscription. En 2011, elle avait mis fin à l’hégémonie du Parti libéral dans Honoré-Mercier, défaisant l’actuel ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez.

Tout cela, sans compter que Hassan Guillet pourrait venir brouiller les cartes, alors qu’il n’exclut pas encore l’idée de se représenter en tant que candidat indépendant.

Le transport devrait être l’un des principaux enjeux de la circonscription, alors que le prolongement de la ligne bleue, annoncé officiellement cet été, sera financé dans une proportion encore inconnue par le gouvernement fédéral.

L’immigration sera également un point important pour la circonscription, alors qu’elle accueille une forte proportion des nouveaux arrivants.

Enfin, le dossier de la légalisation du cannabis avait fait de nombreux mécontents à Saint-Léonard, où l’arrondissement s’est doté de stricts règlements afin d’en limiter la portée.

Il sera également intéressant de voir quelles suites donnera le prochain gouvernement aux excuses promises à la communauté italienne.