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Les contrecoups de la mondialisation

Ian Bussières, monemploi.com

Dans l’industrie du vêtement, gravement touchée par la concurrence asiatique, certains entrepreneurs
ingénieux et visionnaires ont choisi de monter sur le dos du dragon chinois afin de poursuivre leur progression. Ils en récoltent aujourd’hui les dividendes.

C’est le cas des Vêtements At­trac­tion de Lac-Drolet, dans la région Chau­­dière-Appalaches, qui a réussi, en prenant le virage du design et de la création, à freiner l’hémorragie qui avait fait fondre de 225 à une centaine son nombre d’employés.

«On paie maintenant nos em­­ployés pour ce qu’ils ont en-tre les deux oreilles plutôt que pour ce qu’ils ont dans les bras!» aime illustrer Jean-Marc Gagnon, propriétaire, avec ses frères Si­mon et Gaé­tan, de cette entreprise spécialisée dans les vêtements récréotouristiques.

«Oui, nous importons 80 % de nos produits de la Chine. C’est maintenant incontournable dans notre industrie. Cependant, même si c’est écrit Made in China sur notre pro­duit, il ne faut pas oublier que 65 % du produit vendu est du contenu canadien», souligne M. Gagnon.

Vêtements Attraction a donc accentué l’élément innovation dans ses produits afin de leur donner une valeur ajoutée par l’application de logos ou le lancement de marques de commerce, des opérations qui s’effectuent au Québec.

Autrefois composée à 80 % d’employés affectés à la production, la main-d’Å“uvre des Vêtements Attraction a vu ce chiffre fondre à 60 %, alors que les travailleurs de l’administration, du design et des ventes forment aujour­d’hui 40 % de l’effectif : «Globalement, ce sont donc de meilleurs emplois mieux rémunérés, et c’est de ce côté-là qu’il y aura du  développement à l’avenir.»

Située en région, l’entreprise Vête­ments Attraction peine cependant à recruter des employés dans des secteurs plus spécialisés, par exemple l’informatique, les postes de cadres, le design ou encore les ventes.

Futur marché?

«Actuellement, la Chine est surtout considérée comme un marché d’approvisionnement au Québec, mais il y a quelques entreprises qui y exportent dans certains marchés de niche. Il y aura à moyen terme plusieurs occasions d’affaires là-bas pour les entreprises d’ici, surtout dans les domaines du bois et de la plasturgie, car la Chine peine à satisfaire son marché intérieur dans ces créneaux», souligne Éric Bé­gin, directeur des exportations et approvisionnements à Développement PME Chaudière-Appalaches.

Comme la plupart des entreprises qui avaient à s’approvisionner en Chine le font déjà, ce dernier croit en l’émergence dans le pays le plus populeux du monde d’un important marché potentiel pour les entreprises du Québec.

«On assiste à la naissance d’une nouvelle classe moyen-ne chinoise qui veut de la valeur ajoutée, qui veut du branding et c’est dans les produits fabriqués en Occident qu’on retrouve cela!» dit M. Bégin.

Assisterons-nous donc au cours des prochaines années à un retour du balancier qui permettra aux entreprises du Québec de se développer ou de créer des emplois en envahissant le marché de la Chine? Seul l’avenir nous le dira, mais ce ne serait pas le premier paradoxe créé par un dragon chinois peut-être moins féroce qu’on l’avait cru au départ.        

Cette chronique est un service de Septembre éditeur

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