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Hommes araignées au travail

On compte au Qué­bec tout au plus trois entreprises spécialisées en travaux sur cordes ainsi qu’une vingtaine d’employés cordistes. Ceux-ci sont principalement des techniciens polyvalents possédant une formation dans le domaine du bâtiment ou des travaux en hauteur.

Cette rareté de cordistes s’ex­­plique par l’absence d’é­co­le de formation en sol ca­na­dien et par le fait que les tra­vaux sur cordes sont très peu connus des entrepreneurs, fait valoir Fré­dé­ric Au­dette, fondateur de Ver­ti­ka. C’est une des quelques entreprises à offrir une expertise en maintenan­ce industrielle et en inspec­tion à partir des techni­ques d’accès sur cordes. Des méthodes moins coûteu­­ses que les échafaudages ou les na­cel­les et qui permet­tent d’effectuer des travaux d’accès difficile sur les toits de grands immeubles, des via­ducs ou différentes tours.

«On pourrait voir naître d’ici 7 à 10 ans une nouvelle pro­­fession spécifique aux tra­­vaux sur cordes dans le do­­maine de la construction au Québec», mentionne
M. Audette. Mais, avant de parler d’émergence, il faudra con­­tinuer le travail déjà amor­­cé avec la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) et la Com­mis­sion de la construction du Québec (CCQ) pour assurer la reconnaissance de ce mé­­tier et arrimer les nor­mes de sécurité à la réalité qué­­bécoise. À l’heure ac­tuel­­le, ce cadre est assuré par la société américaine SPRAT (Society of Pro­fes­sio­nal Rope Access Techni­cians), qui totalise plus de 1 000 membres.

Les qualités nécessaires
Pour être un bon cordiste, il faut d’abord vivre une re­la­­tion saine avec la hauteur. Se­lon M. Audette, si on ne res­sent rien lorsqu’on est suspendu à plus de 500 mètres, on pourrait avoir tendance à adopter des comportements moins sécuritaires. Évidem­ment, il n’est pas recommandé d’avoir peur des hauteurs, mais il faut plutôt être en mesure de reconnaître ses limites.

Une grande capacité d’adap­tation, un bon sens de l’analyse et de la dé­brouil­lardise sont nécessai­res, car les tâches sont variées. De plus, avant de devenir cordiste, on doit posséder un métier principalement issu du domaine de la construction, tel que soudeur, manÅ“uvre spécialisé ou maçon. Soulignons également qu’une excellente dextérité et une bonne condition physique sont nécessaires, car tous les travaux s’effectuent en hauteur, souvent dans des environnements hostiles, clos, bruyants ou étroits.

Formation en entreprise
La formation est pour le ­mo­ment principalement offer­te par les entreprises. «Ver­tika offre une formation de niveau 1 nommée cordiste-travailleur», explique M. Au­dette. Il en coûte 1 160 $. Par la suite, il est possible de passer aux niveaux 2 et 3 et de devenir ainsi superviseur. Pour être certifié, il faut accumuler un certain nom­bre d’heures de travail et compléter un stage.

Le profil du travailleur re­cherché en ce moment est une personne ayant un certain nombre d’années d’expé­rience dans les domaines re­liés à l’acier, au béton, à la struc­ture ou à la mécanique et qui souhaite travailler sur cor­des.

Au Québec, elle pour­ra être appelée à travailler sur les chantiers de cons­truction, les plates-formes pé­trolières, les chantiers de dé­pollution et parfois mê­me en cuve. Elle peut égale­ment intervenir dans le do­maine de l’organisation d’événements.
Et, comme pour la plupart des métiers reliés à la cons­truction, la demande est plus forte au printemps et à l’automne.

Maria De Léon est conseillère en emploi Carrefour jeunesse-emploi Centre-Sud/Plateau Mont-Royal/Mile-End

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