Où est la relève?
Des spécialistes soutiennent que le vieillissement de la population pourrait rendre l’industrie de l’assurance très lucrative au cours des prochaines années.
Alors que les baby-boomers avancent en âge, les professionnels de l’assurance s’attendent à deux développements dans leur domaine : premièrement, un transfert massif de fortunes s’opérera lorsque les baby-boomers prendront leur retraite, mourront et légueront leurs avoirs; deuxièmement, le manque de relève fera en sorte qu’il n’y aura personne pour gérer ce transfert. Les professionnels de cette industrie, où la moyenne d’âge s’élève à 57 ans, disent qu’il y a relativement peu de gens à qui ils pourront confier leur clientèle.
«La pénurie de main-d’Å“uvre est imminente, affirme Sam Albanese, directeur et artisan du programme de services financiers offert par le Seneca College. Dans un peu moins de 10 ans, 40 % des spécialistes des services financiers auront abandonné leur profession, à cause de la retraite ou pour une autre raison. La plupart sont dans la cinquantaine et veulent prendre congé le vendredi. Nous nous demandons qui s’occupera de notre clientèle.»
Un emploi avant le diplôme
M. Albanese indique que les compagnies d’assurance manquent tellement de personnel qu’elles ont la réputation d’embaucher des apprentis planificateurs financiers avant même qu’ils aient fini leurs études, même si la conjoncture est telle que les diplômés peuvent se lancer en affaires sans courir de bien grands risques.
Toutefois, travailler à son compte et travailler pour une grosse compagnie d’assurance, comme une banque ou un groupe de placements, présentent des différences majeures.
Même si les employés des compagnies d’assurance perçoivent généralement des commissions marginales, ils n’ont aucun droit sur leur liste de clients. Cette liste demeure en la possession des compagnies si jamais ils se trouvent un emploi ailleurs. Gary Mandel, président du cabinet de recrutement Independent Financial Concepts Group Ltd., qui place les diplômés désireux d’entreprendre une carrière dans le secteur de l’assurance, dit que les compagnies passent des menottes en or à leur personnel, dans un sens.
«Ces compagnies tiennent leur personnel de vente en captivité, précise-t-il. Les clients passent des contrats avec les compagnies d’assurance, pas avec les conseillers. Vous pouvez toujours quitter votre emploi, mais vous ne
pouvez pas partir avec vos clients.»
Tout comme Sam Albanese l’a fait avec son ancienne entreprise, AFG Canada Inc., les planificateurs financiers indépendants montent leur propre entreprise et maximisent leurs profits en allongeant leur liste de clients et en effectuant des consultations pour d’autres agents, entre autres choses. «Peu importe ce qu’un conseiller en herbe décide de faire, le monde de l’assurance offre une palette de possibilités», souligne Mark Halpern, planificateur financier agréé pour le site web sur les assurances illnessProtection.ca.
«C’est fabuleux, ajoute-t-il. L’occasion n’a jamais été aussi belle de se lancer dans les assurances : la génération la plus économe léguera ses avoirs à ses enfants, la génération la plus dépensière. Imaginez la fortune colossale qui devra être transférée!»