Formation et emplois

Comment bien choisir son université?

Parmi le vaste éventail d’établis­se­ments et de programmes, comment choisir?  Plusieurs experts joints par Métro livrent leurs conseils.

Chaque année, on a pris l’habitude de suivre le classement des universités canadiennes de Macleans afin de se faire une meilleure idée de l’établissement à choisir pour ses études. Mais si ce type de palmarès donne de bons indices, il serait réducteur de s’y conformer à la lettre. «L’idéal est toujours de réaliser le match parfait entre ce qu’un étudiant aime et ce que peut lui offrir un programme», résume Sophie Larivée, conseillère principale pour les futurs étudiants de Polytechnique.

Dans son bureau, elle voit défiler les nouvelles têtes qui peupleront peut-être, à la prochaine rentrée, cette université spécialisée dans le domaine du génie. Son premier rôle : conseiller ces nouveaux arrivants et leur ouvrir les yeux sur ce qu’ils recherchent. «Pour choisir une université, il faut vraiment magasiner, en n’hésitant pas à aller aux journées portes-ouvertes de plusieurs écoles. On doit bien s’informer sur le programme auquel on veut s’inscrire en consultant le descripteur de cours et prendre en compte les caractéristiques de chaque université qui l’offre.»

Pour cela, les conseillers d’orientation sondent la personnalité des étudiants : se sentent-ils à l’aise sur un grand campus ou préfèrent-ils une structure de plus petite taille? Recherchent-ils des cours axés sur la pratique ou sur la théorie? Souhaitent-ils avoir la possibilité de faire des stages ou des échanges internationaux? «On doit souvent démystifier l’image de la grande ville auprès des étudiants des régions : ils doivent comprendre que Montréal n’est pas pareil à tout ce qu’on voit à la télévision!» explique Sophie Larivée. Car selon une étude citée par Roch Chouinard, doyen de la Faculté des études supérieures et postdoctorales et vice-recteur adjoint aux études supérieures de l’UdeM, l’un des premiers critères conditionnant le choix des étudiants serait la proximité géographique.

«Plusieurs étudiants considèrent même la desserte de l’université par des lignes de métro et d’autres transports en commun. Mais si l’on donne parfois beaucoup d’importance aux déplacements, il faut se rappeler que la qualité de la formation prime», nuance-t-il. D’autres facteurs, comme la possibilité de créer un lien social ou d’adhérer à des activités parascolaires, peuvent faciliter la transition dans un nouvel établissement et réduire le stress. «Lorsqu’on visite une université, on doit se demander si on se verrait bien dans ce nouvel environnement et si l’on y connaît des gens, ce qui pourrait faciliter notre intégration», reprend M. Chouinard.

Une vie étudiante active est toujours un bon signe, mais ne doit pas constituer une priorité. « Il ne faut pas que cela se fasse au détriment du bon déroulement des études », rappelle René-André Hervieux, con-seiller d’orientation et psychothérapeute à l’UQAM. Mieux vaut prendre garde à la réputation des écoles, parfois surfaite. «Il faut toujours plus s’intéresser  au département qui nous concerne qu’à la réputation de l’établissement» résume André-René Hervieux. Car si toutes les universités ont tendance à élargir leurs champs de compétences, chacune d’elles possède des forces bien à elle.

«Beaucoup de gens parlent du MBA de McGill alors que dans ce domaine, ce serait plutôt HEC qui serait le mieux coté», affirme M. Hervieux. Pour ceux qui veulent poursuivre leurs études, il est intéressant de se demander si l’école propose des formations de 2e et de 3e cycle et si elle emploie des professeurs reconnus. 

Pour améliorer la fiabilité des classements universitaires
Il y a peu de temps, l’Université McGill faisait à la fois un bond spectaculaire dans le classement des facultés de droit du magazine canadien Mac­leans et une descente aux enfers au sein du classement du Times, ce qui remet en cause les critères de sélection des palmarès internationaux. Rappelons que notre chroniqueur Mario Charrette proposait dans nos colonnes, il y a quel­ques semaines, d’établir une série de critères originaux qui pourraient se révéler  bien utiles. Il suggérait notamment d’évo­quer le taux de placement des diplômés, la disponibilité des stages, le pourcentage de jeunes qui obtiennent un diplôme sans décrocher ou encore la qualité des services aux étudiants d’une université.

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