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L'environnement vu par la physique

Mettre leur savoir au profit de la communauté, tel est le pari qu’ont fait les étudiants qui participent au projet La science prend le métro. Tous les mois, Métro présente un nouveau participant  Aujourd’hui, nous rencontrons Sabrina, étudiante en physique de l’environnement à l’Université de Montréal.

Géographie, scien­ces humaines, sciences physiques, calcul différentiel et intégral, psychologie de groupe, économie mondiale : tous ces domaines intéressaient Sabrina. Difficile de faire un choix de carrière, donc, pour cette étudiante montréalaise qui, en outre, est passionnée par les voyages. Après un double DEC en sciences humaines optimonde et sciences de la nature, la jeune femme choisit finalement un domaine qui lui permettra d’assouvir sa grande curiosité : la physique de l’environnement.

«Quand j’ai terminé le cégep, j’avais étudié plusieurs domaines différents et j’avais presque tout aimé, se souvient la jeune femme de 24 ans. Il aurait été naturel pour moi de poursuivre mes études en sciences humaines, mais les mathématiques et la physique m’apparaissaient comme un beau défi à relever.»

Étant passionnée par les enjeux entourant les questions environnementales, Sabrina choisit donc la physique de l’environnement. Comme ce domaine n’est pas une branche de la physique à proprement parler, mais plutôt un domaine de recherche qui regroupe des chercheurs de dif­férents horizons, aucun programme d’étude spécifique n’y est rattaché. Sabrina a donc choisi d’effectuer une ma­jeure en physique et une mineure en géographie à l’Université de Montréal, un bac qu’elle a terminé tout juste avant Noël. «Ces deux disciplines me permettent d’aborder les problèmes environnementaux de façon globale», fait valoir la jeune femme qui ne s’intéresse pas spécifiquement au fonctionnement de la plante ou de l’arbre, mais plutôt de la forêt dans son ensemble.

Au cÅ“ur de l’actualité
La physique de l’environnement regroupe des chercheurs qui ont un intérêt pour l’environnement, qu’ils étudient à l’aide des outils de la physique. Ce domaine est au cÅ“ur de plusieurs enjeux d’actualité, comme les changements climatiques, le développement durable, l’énergie et l’eau.

Selon Sabrina, la physique de l’environnement n’est pas un domaine scientifique stérile. Au contraire, elle touche directement la santé et la sécurité des humains. «L’environnement lie les peuples, pour le meilleur et pour le pire. Une pénurie d’eau ou le détournement de rivières peut être la source d’un conflit de grande envergure. Les enjeux sociaux qui y sont liés m’interpellent énormément et je souhaite participer à ces grands débats.»

L’étudiante qui dit avoir «l’impression de toujours être en train de découvrir» n’a pas fini d’apprendre. Elle entreprendra une maîtrise en juin prochain avec une professeure en santé de l’environnement pour travailler sur la question de la distribution de l’ozone troposphérique, un polluant at­mosphérique impliqué dans la formation du smog.

Après avoir obtenu sa maîtrise, la jeune femme aimerait un jour être à la tête d’une équipe de recherche multidisciplinaire dans laquelle elle pourrait avoir un impact sur les politiques économiques et sociales du Canada, travaillant peut-être auprès d’Environnement Canada ou de groupes d’experts conseils. «J’aimerais beaucoup être une scientifique, mais aussi une sorte d’interprète entre les scientifiques et le reste de la population» ajoute-t-elle.

À ceux qui croient que la science est un domaine inaccessible pour eux, Sabrina conseille de ne jamais se fermer l’esprit. «Je n’ai jamais cru que j’étudierais en science avant d’être au cégep, raconte-t-elle. J’étais curieuse de comprendre comment les choses fonctionnent. Le déclic pour la science peut se faire sur le tard. Il faut juste creuser dans ses champs d’intérêt pour s’assurer qu’on ne passe pas à côté de quelque chose.»

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