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Eduard Modol: reculer pour mieux avancer

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le projet Alliés Montréal de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ), des portraits de personnes immigrantes qui ont réussi à s’intégrer dans leur milieu de travail. Entretien avec Eduard Modol.

Eduard Modol menait une vie confortable en Espagne. En fait, il avait tout ce dont tout le monde rêve : un bon travail, une belle maison, une bonne situation. Il a néanmoins tout recommencé ici, au Québec, avec sa petite famille il y a à peine un an. Rencontre.

«On aurait pu vivre ainsi pendant des années. Mais à un certain moment, il faut sortir de sa zone de confort. Ceux qui refusent de le faire refusent aussi d’évoluer. Parfois, il faut accepter de faire un pas en arrière pour mieux avancer.»

Eduard Modol a toujours cru à cette approche. Petit génie de l’informatique, il arrête l’école à 17 ans pour devenir analyste-programmeur. Rapidement, il comprend que son évolution professionnelle risque d’être ralentie, sinon limitée par son manque de scolarité. Bien qu’il aime son nouveau mode de vie, il décide d’y renoncer à 20 ans pour retourner à l’école et terminer ses études secondaires.

Il obtient son diplôme avec mention. Toutes les universités d’Espagne lui sont ouvertes, mais il choisit plutôt de faire cap sur Clermont-Ferrand, en France, où il intègre le programme de génie informatique de l’Institut Universitaire de Technologie d’Aubière. À l’époque, c’est l’un des rares établissements à offrir la formation en AS400, une technologie très recherchée dans le domaine IBM.

En 1995, Eduard débarque à Paris, chez Unilog, une entreprise de consultants en TI qui l’avait recruté à sa dernière année d’université. Il y œuvre pendant trois ans à titre d’analyste confirmé. Il se plaît à Paris et dans son travail, mais la vie décide de l’amener ailleurs.

En 1998, il se marie avec Catalina, une Colombienne rencontrée lors d’un voyage à San Andréas. Pour des raisons linguistiques, le couple décide de s’établir en Espagne. C’est à Barcelone qu’il amorce sa nouvelle vie.

Après avoir été directeur informatique chez Rexel, Eduard assumera pendant plusieurs années les fonctions de chef du département d’organisation de la banque espagnole BMN. Pendant ce temps, sa petite famille s’élargit. En 2007, Ariadna et Nicolas accueillent une petite sœur, Laura. «Nous avions une belle qualité de vie. Puis, je me suis projeté dans l’avenir, pour mes enfants. Auraient-ils la même chance? Je n’en étais pas certain.» C’est en 2010 que le projet d’immigration fait surface. Résolus, Eduard et Catalina choisissent le Québec comme destination. Pour sa variété linguistique et ses perspectives professionnelles.

Après avoir pris contact auprès d’employeurs québécois, Eduard vient en voyage de prospection dans la province en février 2011. En une semaine, il obtient six rendez-vous et trois offres d’emploi. Il choisit Odesia Solutions, une entreprise de consultation en Business Intelligence & BPM. «Parce que c’est une entreprise à taille humaine et à l’écoute de ses employés. Puis, c’est une référence dans son domaine à Montréal.»

Eduard et sa famille sont aujourd’hui bien installés dans une maison de l’Île-des-Sœurs. «Chaque jour, je suis toujours un peu plus heureux de notre choix. C’est très facile de s’adapter au Québec», dit Eduard Modol, toujours plus convaincu que les initiatives et les sacrifices sont porteurs de bénéfices.  

L’émission de Radio Canada
International Tam-Tam Canada a produit une version radio de ce reportage
que vous pouvez trouver sur le site web de l’émission au www.rcinet.ca/francais.
Aussi diffusé en direct aujourd’hui à 14 h 05, sur la radio web de RCI,
sur la radio satellitaire Sirius sur la bande 95 et le lendemain à 4h
au 95,1 FM.

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