L’expert des domaines d’avenir
Éditeur d’un guide sur les carrières qui souffle ses 10 bougies en 2014, Martin Rochette est devenu au fil des années un vrai spécialiste des métiers et professions offrant les meilleurs perspectives de carrière. Le point sur les secteurs qui promettent.
Lancé cette semaine, le Palmarès des carrières 2014 (Septembre Éditeur) vise notamment à éclairer les étudiants qui sont sur le point d’envoyer leur demande d’admission à un programme de formation professionnelle, technique ou universitaire d’ici le 1er mars. On en fait le tour en six questions.
En dix ans, est-ce que vous avez noté des changements marqués parmi les domaines les plus prometteurs?
Bien qu’il y ait eu certains changements, il faut dire que depuis quelques années, on observe une constance en ce qui concerne les secteurs qui se démarquent le plus.
D’ailleurs, depuis quelques années, les domaines de la santé, de la construction, des technologies de l’information et de la communication (TIC), les industries forestières et minières et l’éducation se démarquent particulièrement avec leurs excellentes perspectives d’avenir. Pourquoi?
Depuis quatre ou cinq ans, le vieillissement de la population a un impact sur le marché de l’emploi en santé. Et avec les grands chantiers à Montréal, on se doute que le secteur de la construction aura besoin d’employés spécialisés. Les TIC restent aussi un secteur de pointe dans plusieurs régions, dont Montréal. Enfin, on observe que les industries minière et forestière reprennent du galon après avoir été mises de côté pendant quelques années.
Pensez-vous que ces domaines resteront à l’avant-scène encore longtemps?
Oui, en particulier en raison des départs à la retraite. Selon des chiffres de 2011, chaque fois que 100 personnes prennent leur retraite, on ne compte que 92 jeunes en âge de commencer à travailler. Dans certaines régions, comme la Gaspésie, c’est encore moins. Et là, on ne tient pas compte de nouveaux emplois créés. Il y a donc beaucoup d’emplois disponibles dans à peu près tous les domaines. C’est pourquoi, à mon avis, il faut dire aux jeunes : «Décrochez, mais décrochez un diplôme!» Et il faut aussi leur conseiller de faire de bons choix en fonction de leurs intérêts et non seulement en fonction du salaire.
Quelles sont vos prédictions quant aux métiers qui émergeront d’ici cinq ou dix ans?
L’économie du Québec change. On est en train de développer une économie du savoir au détriment du secteur manufacturier. Des secteurs, comme les technologies et les biotechnologies, devraient prendre une place dominante. Il y aura des surprises, mais il ne faut pas oublier non plus certaines industries, comme l’aérospatiale et le transport, qui restent importantes à Montréal.
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Y a-t-il des secteurs à éviter à tout prix?
L’industrie manufacturière a vécu de grosses fermetures ces dernières années. C’est par conséquent un peu plus difficile dans ce domaine, mais il existe tellement de possibilités de formation aujourd’hui! Au Québec, il y en a plus de 800. Ce n’est plus linéaire comme avant; les diplômés ont la possibilité d’aller travailler et de revenir aux études par la suite, il y a des passerelles DEC-bac, etc.
Pour finir, y a-t-il des données surprenantes?
Cette année, nous présentons une nouvelle section dans le guide, le dossier «Avis de recherche». L’idée, c’est de présenter des programmes qui offrent des perspectives intéressantes, mais qui ont beaucoup de difficulté à recruter des étudiants, comme les techniques de plasturgie ou le génie des mines.
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Palmarès des carrières
Pour établir leur classement des professions, les rédacteurs du Palmarès des carrières ont évalué les professions à partir de cinq critères : l’insertion dans le marché du travail, le maintien en emploi, la mobilité géographique, la diversité des milieux de pratique et la valeur ajoutée. À noter que chaque guide contient un code d’accès au questionnaire Cursus en ligne, qui permet de mieux s’orienter.
Palmarès des carrières 2014, Septembre Éditeur