Une maîtrise plutôt que le baccalauréat
Plusieurs diplômés universitaires aimeraient enseigner au secondaire, mais abandonnent l’idée lorsqu’ils apprennent que la seule façon d’obtenir leur brevet d’enseignant est de compléter une autre formation. Détenir un baccalauréat en enseignement secondaire d’une durée de quatre ans est en effet nécessaire pour obtenir l’autorisation légale d’enseigner.
Un bac de quatre ans est souvent trop long pour ceux qui désirent entreprendre une nouvelle carrière. Le système d’éducation est ainsi privé d’une main-d’ouvre précieuse, composée principalement d’adultes possédant une grande expérience du marché du travail.
Heureusement, une nouvelle formation leur est maintenant proposée. Il s’agit de la maîtrise en enseignement secondaire, offerte par l’Université de Sherbrooke ainsi que, de façon conjointe, par l’Université de Montréal et l’UQAM. Cette maîtrise s’adresse à ceux qui possèdent déjà une formation universitaire dans une matière enseignée au secondaire. Elle permettra d’obtenir son brevet et d’enseigner légalement après deux ans d’études seulement, incluant un semestre complet de stage.
Pour les jeunes enseignants en devenir, le baccalauréat en enseignement restera la formation de choix. Au début des années 1990, il a remplacé une formation de plus courte durée, comprenant deux ans d’études d’une discipline et une année d’études pédagogiques. À l’époque comme aujourd’hui, les inquiétudes suscitées par le décrochage scolaire justifiaient une formation plus longue et un accent plus prononcé sur les besoins des jeunes durant le parcours scolaire.
Combler la pénurie
On n’a pas alors jugé bon de conserver également un programme de courte durée qui aurait permis l’obtention d’un brevet. Pourtant, ailleurs au Canada, il a toujours été possible, pour ceux qui détiennent déjà un diplôme, de préparer leur brevet au moyen d’une formation d’un ou de deux ans. Cette stratégie favorise l’enseignement comme deuxième carrière. Elle permet également l’intégration professionnelle des diplômés de nombreuses disciplines universitaires qui présentent peu d’autres débouchés.
Le Québec, en offrant une seule voie d’accès au brevet d’enseignant au secondaire, s’est donc privé d’un bassin important de professeurs potentiels. Cette décision a été prise alors que pointait déjà à l’horizon le manque de relève dont on ne cesse plus de parler. Il ne faut donc pas se surprendre si des pénuries d’enseignants existent aujourd’hui, particulièrement en français, en anglais langue seconde, en sciences et en mathématiques. La nouvelle maîtrise participera à combler ces pénuries en ouvrant à la clientèle adulte une porte qu’on n’aurait probablement jamais dû fermer.
Il faut espérer qu’il n’est pas trop tard, puisque les besoins d’enseignants au secondaire diminuent. Dans ce métier comme dans tant d’autres, néanmoins, les vrais passionnés trouveront toujours leur place.