Environnement

Les jeunes sont les plus découragés devant les changements climatiques

Photo: Mindful Media/iStock

Alors que la COP26 se termine le 12 novembre, un sondage Léger pour La Presse canadienne révèle qu’un quart des Canadiens estime qu’il est déjà trop tard pour renverser les effets des changements climatiques, et les jeunes semblent être les plus découragés. 

Ce pessimisme des sondés sur les effets irréversibles monte notamment chez les 18-34 ans à 30%, alors que les 55 ans et plus, au contraire, estiment à 78% qu’il est encore temps de mettre en place des mesures. 

Réalisé auprès d’un échantillon de 1565 Canadiens, ce sondage porte sur les différentes croyances et ressentis des sondés sur le futur des changements climatiques, alors que le plus récent rapport du GIEC estime qu’il est temps d’agir pour limiter les dégâts du réchauffement climatique.

Plus précisément, les sondés estiment en moyenne être préoccupés par les changements climatiques, mais pensent que les choses vont s’améliorer à 43%, alors que 27% s’estiment «très stressés» par le futur. Encore une fois, on trouve une part plus importante des plus pessimistes chez les 18-34 ans, qui sont 38% à se dire en proie à une grande écoanxiété. 

De l’autre côté du spectre, on trouve 19% des personnes interrogées qui déclarent ne pas penser aux changements climatiques «à moins que quelque chose de grave ne se produise, comme un évènement météorologique», tandis que 11% des Canadiens disent ne pas s’inquiéter de ces changements. À noter que ce taux descend à seulement 6% pour les Québécois, mais à 27% en Alberta.

Les Canadiens en accord avec les mesures prises à la COP26

La moitié des sondés estime être en accord pour dire que le Canada a fait de grands progrès dans sa lutte contre les changements climatiques. La part de désaccord monte quant à elle à 40%, le reste des sondés se disant indécis. De toutes les provinces sondées, les Québécois semblent les plus critiques des progrès du Canada, avec près de la moitié (49%) en désaccord. 

Alors que le Canada fait partie des plus grands exportateurs de charbon et d’énergies fossiles, les sondés ont également été invités à se prononcer sur les récentes promesses faites par le gouvernement Trudeau lors de la COP26. 

Quelque 65% des Canadiens se déclarent donc en faveur d’un arrêt de l’exportation de charbon d’ici 2030. Si le taux d’opposition à une telle politique monte à 18% en général, c’est le double qu’on trouve en Alberta, opposé à 36% à une telle mesure. Au contraire, le taux de sondés favorables atteint son maximum au Québec, avec 74%. Sans surprise, les 18-34 ans sont plus en faveur d’une telle politique, à 73% contre 58% pour les 35-54 ans. 

Concernant la promesse de plafonner et de réduire la pollution venant du secteur pétrolier et gazier à zéro d’ici 2050, la tendance reste la même avec 69% des Canadiens se disant en faveur d’une telle mesure, contre 19% qui s’y disent opposés. Encore une fois, on trouve des extrêmes en Alberta, en opposition à 43%, et au Québec, favorable à 79% à une telle politique. Le taux en faveur monte jusqu’à 74% chez les 18-34 ans. 

Dans la même veine, l’annonce du gouvernement Trudeau de mettre fin prochainement aux subventions pétrolières et gazières (un soutien chiffré à 8 milliards de dollars), 61% des sondés canadiens se disent en faveur d’un arrêt de ces subventions, contre 20% qui se disent opposés. 

On trouve un peu moins d’entrain pour une autre proposition canadienne portée par Justin Trudeau à la COP26, celle d’une tarification du carbone à l’échelle mondiale. Un peu plus de la moitié des Canadiens (55%) se disent ainsi en faveur d’une telle proposition, alors que 25% sont en désaccord. 

Si ces objectifs sont loués par la plupart des Canadiens sondés, ceux-ci sont néanmoins divisés sur la planification de telles mesures. Quelque 41% des Canadiens sondés estiment que les objectifs sont trop éloignés dans le temps et que les effets des changements climatiques vont continuer à s’aggraver, alors que 43% trouvent ces objectifs raisonnables «compte tenu de la nécessité de minimiser les perturbations économiques liées à l’abandon des combustibles fossiles». 

Enfin, 48% des Canadiens jugent la récente nomination de Steven Guilbeault comme ministre canadien de l’Environnement et du Changement climatique comme un bon choix, ce que contredisent 21% des sondés, alors que 31% ne se prononcent pas. 

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