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Je ne me débarrasserai pas de ma voiture à essence

Dans plusieurs grandes villes à travers le monde, le 22 septembre est la Journée sans voiture. Évidemment, elle vise principalement les automobilistes en milieux urbains pour améliorer la qualité de l’air et réduire la pollution sonore.

Je tiens à préciser que cette journée est principalement destinée aux villes, car malheureusement le transport collectif ne peut pas combler la totalité des besoins de la population à l’échelle de la province, notamment en région.

Clairement, on ne va pas régler le débat sur la surutilisation de la voiture aujourd’hui, mais l’idée est qu’on réfléchisse ensemble aux solutions de rechange. Et quand j’écris solution, je ne veux pas dire électrique…  

Ah non? Non!

On me pose constamment la question. Encore la fin de semaine dernière, mon neveu de 11 ans, inquiet et concerné par l’avenir de la planète, me demandait pourquoi je conduisais une voiture à essence en 2022.  

C’est simple, parce que ma vieille voiture est encore bien bonne. Je l’appelle affectueusement mon petit zèbre. Noire grafignée de blanc, sa carrosserie n’est peut-être pas la plus sexy, mais elle me permet de me rendre à destination quand j’en ai besoin (lire ici: lorsque je parcours de longues distances). Autrement, à Montréal, je fais comme vous, je prends le bus ou le métro. Il faut arrêter de penser que parce que c’est électrique, c’est meilleur pour l’environnement. Vous savez ce qui est «le plus meilleur»? C’est d’utiliser ce qu’on a avant de consommer du neuf. 

Oui, c’est alléchant de s’acheter une voiture électrique, mais gardons en tête qu’un nouveau bien de consommation est un potentiel déchet, que ce soit un chandail tout neuf, un nouveau téléphone cellulaire ou une voiture «plus écolo». Si je prends l’habitude de me débarrasser d’un bien lorsque je n’en veux plus, ou lorsque l’obsolescence m’aura assez joué dans la tête… ce n’est vraiment pas la meilleure stratégie pour prendre soin de la planète. 

Pour en revenir aux voitures électriques, l’analyse du cycle de vie nous révèle qu’il faut parcourir 80 000 kilomètres pour que le cycle de vie (fabrication, utilisation, recyclabilité des batteries) soit équivalent à celui d’une voiture à essence. Mais vous savez, les chiffres… Toutefois, si on ne s’attarde qu’aux émissions de GES, la voiture électrique peut émettre jusqu’à 80% moins de GES par véhicule sur 300 km d’utilisation. 

Le transport en commun et la voiture sont complémentaires. Arrêtons de les mettre en opposition. J’ai une voiture, mais je prends le plus souvent possibles les transports en commun, du moins, en fonction de ma destination. Dans tous les cas, en cette journée qui fait la promotion du transport autrement, profitons de notre randonnée à vélo ou de notre parcours en métro pour réfléchir à nos habitudes de consommation en général. Acheter, consommer, jeter… C’est pas ça qui est un peu désuet en 2022? 

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