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Elles ont quitté OnlyFans 

Pour R41ÑB0W TR4$H, son court passage sur OnlyFans a influencé sa pratique artistique. Photo: Gracieuseté, Maxime Robin

Souvent présentée comme facile et lucrative, la création de contenu sur OnlyFans attire de plus en plus de gens, comme en témoigne la hausse importante du nombre de créateur.trice.s enregistrée l’an dernier, lequel est passé de 2,16 millions en 2021 à plus de 3 millions en 2022. Mais cette activité n’est peut-être pas faite pour tout le monde… Deux ex-créatrices témoignent.  

Âgée de 37 ans et mère d’un adolescent de 14 ans, Dominique a porté plusieurs chapeaux au cours de sa vie. Cochère à Montréal pendant plusieurs années, elle est actuellement chargée de cours dans trois universités québécoises, en plus de mener en parallèle une carrière dans le monde de la musique sous le nom de R41ÑB0W TR4$H.  

Lorsqu’elle s’est lancée sur OnlyFans en 2020, son objectif était de poursuivre sa pratique artistique, mais avec «un autre type de contenus». «C’étaient des photos et des vidéos où j’étais nue couchée sur un ampli de basse ou en train de jouer du thérémine», illustre-t-elle. 

Comme c’est souvent le cas sur la plateforme, c’étaient les contenus plus explicites partagés dans le cadre d’interactions privées qui généraient les revenus les plus importants pour Dominique. 

«Ça aussi, c’était surtout de la nudité, mais il y avait aussi des vidéos avec des jouets, raconte-t-elle. C’était surtout dans le cadre d’une performance. Je travaille sur un prototype de dildo qui est comme un thérémine. Il y a des senseurs de pression et quand tu le squeezes, le son devient plus aigu. Donc, tu peux jouer des notes de musique là-dessus.»   

Escorte en pandémie 

Étudiante et escorte depuis plusieurs années, Alice a dû faire face à de nombreux défis pendant la pandémie. Les restrictions quant aux déplacements lui compliquaient la tâche, surtout pour rejoindre sa clientèle située sur la Rive-Nord et la Rive-Sud. À cela s’ajoutait le couvre-feu, lequel obligeait la jeune femme aujourd’hui âgée de 27 ans à travailler de jour – une plage horaire moins populaire pour les services d’escorte.   

Sa situation financière et l’obligation de suivre ses cours en ligne, la poussent également à abandonner ses études universitaires. Peu de temps après, elle décide de se lancer dans la création de contenu pour adulte sur OnlyFans.

Sur OnlyFans, Alice évitait le plus possible de montrer son visage.
Photo: Gracieuseté, Alice

«Je n’allais pas très loin, je gardais mes bobettes, genre», témoigne-t-elle. Et pour ce qui est du matériel plus explicite, elle l’envoyait elle aussi en privé sur demande. 

Pas pour elles? 

Alors qu’elle consacrait au début une dizaine d’heures par semaine à OnlyFans, Alice a par la suite eu du mal à garder un rythme de production assez soutenu. Peu à peu, elle a réduit son implication, puis complètement abandonné son compte après un an. «Je n’étais pas très assidue, c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai arrêté», se souvient-elle.

Au total, je crois que j’ai fait 1000 $ dans les premiers mois. J’avais genre 15 abonnés.

Alice

Elle a préféré retourner à son métier d’escorte, qu’elle trouve moins impersonnel et qui lui permet de faire une distinction plus nette entre son travail et sa vie privée.   

«De me sexualiser chez moi, dans mon espace personnel, je trouvais ça tough, raconte-t-elle. En plus, j’étais en colocation dans un 5 et demie, dans une petite chambre. Je n’avais pas l’espace ni l’équipement.» 

Si OnlyFans lui permettait d’avoir un revenu supplémentaire non négligeable – elle dit avoir touché entre 400$ et 500$ par mois à son pic – Dominique a elle aussi fini par arrêter après un an, jugeant la création sur la plateforme et les interactions avec ses quelque 60 abonné.e.s trop chronophages.  

R41ÑB0W TR4$H posant avec l’un de ses instruments de musique de prédilection: un Game Boy.
Photo: Gracieuseté, Maxime Robin

Représentant près de 10 heures de travail par semaine, son activité sur la plateforme était difficile à concilier avec son emploi de chargée de cours et ses autres projets artistiques. 

Si Dominique n’est plus présente sur OnlyFans depuis 2021, cette expérience a influencé sa pratique artistique, puisque la joueuse de Game Boy et de thérémine intègre aujourd’hui de plus en plus de nudité dans de ses performances scéniques.   

«Je me suis rendu compte que j’avais un penchant pour la performance burlesque. Ç’a commencé à se traduire dans mes shows», raconte l’artiste qui souhaite poursuivre dans cette voie, voire aller encore plus loin. 

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