Vive le Québec… mode!
Une pétition défendant l’industrie de la mode québécoise a été lancée mardi. Initié par la boutique Belle et Rebelle, qui se consacre à la promotion des créateurs d’ici, le manifeste L’industrie de la mode québécoise et ses enjeux invite notamment les écoles et les gouvernements à valoriser des métiers comme couturière ou patronniste, qui manquent cruellement de main-d’œuvre qualifiée.
Jusque là, rien à redire. Une piste de solution me fait quand même tiquer. «Ne serait-il pas intéressant qu’une partie du contenu des magazines québécois soit obligatoirement consacrée aux entreprises d’ici?» Et la liberté de presse? En tant que journaliste, je ne peux m’empêcher de me braquer à l’idée qu’on m’impose tel ou tel sujet. D’autant que je me fais un devoir de connaître les créateurs émergents et d’en parler si je juge leur travail intéressant. Pas plus tard que ce matin, j’ai consacré la Une de la section Tendances à la griffe White Label d’Evelyne Fay plutôt qu’à la capsule d’Isabel Marant pour H&M, le genre de sujet qu’on ne peut quand même pas ignorer étant donné l’ampleur du phénomène, vous en conviendrez.
Et si le problème en était plutôt un de communication? Si on donnait aux artisans de la mode d’ici les outils pour bien diffuser leur message, peut-être aurait-il davantage d’échos dans les médias et la population en général? Je pose la question. Déjà, je trouve que nos designers jouissent de plus en plus de visibilité, l’engouement pour la consommation locale aidant beaucoup. Il faudrait certainement d’autres initiatives de la trempe de la Braderie de mode et les activités de promotion du Bureau de la mode de Montréal, mais je pense qu’on est sur la bonne voie. Peut-être même, et c’est à espérer, que ce manifeste sensibilisera d’autres personnes à la question.
En attendant, la pétition avait rallié plus de 1 600 personnes en 48 heures.