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Mark Fast: Transposer le cinéma dans une robe

De Dick Tracy à Erin Brockovich, les influences les plus marquantes du designer Mark Fast, résidant à Londres, se trouvent dans sa collection de films. Alors que la Semaine de mode de Londres s’ouvre demain, Métro s’est entretenu avec le créateur, qui n’a pas peur d’aller à l’encontre des normes sur le podium.

À en juger par ses robes érotiques, qui conviendraient davantage aux Grammy Awards qu’aux Oscars, personne ne se douterait que Mark Fast est un passionné de cinéma. Des références cinématographiques transparaissent de la façon la plus inattendue qui soit dans les Å“uvres du designer établi à Londres.

Prenons par exemple son obsession d’enfance pour le personnage incarné par Madonna, Breathless Mahoney, dans le film Dick Tracy. C’est ce personnage qui a fait naître chez lui un amour et une appréciation précoces du corps féminin, qu’il couvre tendrement des tricots ajustés qui constituent sa marque de commerce.

Qu’en est-il des toiles d’araignée subversives sur ses robes? Leur influence provient en partie de Tim Burton, dont Mark Fast regardait les films pendant sa jeunesse passée au Canada. «À mon avis, quand on habite dans les Prairies, où il n’y a aucune distraction, l’esprit prend le contrôle, et il y a tant de sujets de réflexion, confie le designer de 29 ans en s’accordant une pause dans la préparation de sa collection automne-hiver 2010. Vivre à Winnipeg m’a permis de rêver.»

C’est d’ailleurs ce sentiment d’être un étranger qui semble imprégner son travail d’une façon à la fois intéressante et rafraîchissante, bien qu’il fasse manifestement partie de l’élite branchée de Londres. (Mark Fast est diplômé du Central Saint Martins College, une école de mode légendaire de Londres qui a formé Stella McCartney et Alexander McQueen, entre autres.)

Des vêtements pour toutes les femmes
La saison dernière, il est allé à l’encontre de la norme établie dans le monde des podiums de mode en embauchant des mannequins de taille 12 (Grande-Bretagne) pour porter ses minirobes tricotées à la main et révélatrices lors de son défilé. La plupart des accros de la mode diraient à une femme ronde de rester très, très loin de tout vêtement serré en tricot. Au lieu de freiner la croissance de sa jeune marque (elle n’a que quatre saisons), cette décision audacieuse a fait de Mark Fast un sujet de conversation central dans l’industrie. «Je ne croyais pas que ça susciterait une telle réaction, explique-t-il.

Je crée des vêtements pour toutes les femmes. Par le passé, les gens ne voyaient pas ça et semblaient penser que seules les femmes filiformes pouvaient porter mes vêtements. Avoir recours à des mannequins de taille normale m’apparaissait comme la meilleure chose à faire pour présenter mon travail. J’ai cru que mes clients s’en réjouiraient.»

La muse qu’il a choisie, Tilda Swinton, est aussi peu orthodoxe que ses goûts en matière de mannequins. «J’ai vu son film The Last England, et il est plus qu’inspirant», affirme-t-il. La prochaine collection de Mark Fast s’inspirera d’un autre film, qui met en vedette un personnage tout aussi hardi. «J’ai injecté l’attitude d’Erin Brockovich dans l’ambiance du défilé, précise-t-il. Je cherchais de nouvelles manières de draper des corps dans un tricot.»

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