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Premiers pas des designers du futur

Pas moins de 4 000 spectateurs étaient réunis dimanche dernier au Parc olympique à l’occasion de la 22e édition du défilé Signature, offert par les finissants en design de mode du Collège LaSalle. Avec 200 vêtements, 60 mannequins, 21 collections et plus de 100 étudiants ayant participé à son élaboration, cet événement avait tout d’une grosse machine dédiée à la présentation du travail et du talent de la relève québécoise en matière de mode.

Pour les étudiants, l’expérience est formatrice et certainement payante, car, parmi les anciens élèves du collège, on compte notamment Marie Saint Pierre, Denis Gagnon et Mariouche Gagné pour Harricana. Rien de moins! «L’image du collège repose en partie sur ce défilé; donc chaque année on y met les moyens pour le conserver et l’améliorer», explique François Bousquet, directeur de l’École internationale de mode, art et design du collège qui supervise l’organisation du défilé.

Au cours de celle-ci, les étudiants participent à toutes les étapes d’un grand show de mode, apprennent beaucoup et ont une occasion en or de faire voir leur travail aux représentants de l’industrie qui y assistent. «Quand le spectacle est très fort, il n’est pas rare que nous ayons des appels des compagnies qui demandent qui sont les
designers de telle ou telle collection», raconte François Bousquet. Hier soir, à peine quelques jours après le défilé, le groupe Dynamite organisait, pour sa ligne Garage, une rencontre avec les au­teurs des collections qui l’ont interpellé dimanche.

Marc-Antoine Lynch Boisvert, un des finissants en design de mode, considère que l’école les plonge directement dans le métier dès le début de la formation de trois ans. L’élaboration du défilé s’étend sur 18 mois, et sa réalisation implique une organisation bien rodée. «Nous avons chacun notre tâche, et les collections sont faites de A à Z par nous, dit Marc-Antoine. Nous sommes répartis dans les différents rôles, de la réalisation des accessoires à l’organisation en backstage et au design des collections.» Selon François Bousquet, cette répartition des tâches est d’ailleurs le secret de la réussite du défilé: «Chaque équipe est responsable de son travail et, en prenant le tout pièce par pièce, on y arrive!»

Trois pôles encadrent les collections créées : le projet Commande, dont les créations doivent répondre à des contraintes commerciales similaires à celles des grands magasins; le projet Créativité, dont les thèmes (In­sectes) sont imposés, ainsi que quelques contraintes; et enfin, les collections libres, dans lesquelles les équipes peuvent laisser libre court à leur imagination. Cette an­née, des insectes aux années 1960, en passant par la collection libre Juliet’s Bird (photo), les thèmes étaient particulièrement diversifiés.

À l’issue du processus, les collections sont jugées par un jury composé de membres du corps enseignant et de personnes extérieures venant du monde de la mode. Et parfois, le jugement est sévère : «Notre collection mettant en scène des « guerrières amazoniennes » n’a pas été comprise par les juges, et beaucoup de nos pièces ont été refusées. Ç’a été dur, mais ça nous a appris beaucoup sur la réalité du monde de la mode», raconte Marc-Antoine. Après le soulagement mêlé de mélancolie qui suit l’achèvement du projet, ces jeunes prometteurs doivent faire leur chemin dans ce milieu difficile et faire honneur à leurs illustres prédécesseurs!

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