La mode à l'italienne à Milan
Un vent de classicisme a soufflé sur la Semaine de mode de Milan, heureusement agrémentée de quelques touches de folie. Plusieurs grands noms de la mode italienne ont clos la semaine en beauté.
Dolce & Gabbana
Quand les vestes, jupes et robes cousues de paillettes éblouissantes de Stefano Gabbana et Domenico Dolce ont défilé sur la rampe, les spectateurs semblaient déjà las des brillants. C’était peut-être une question de timing, car le défilé de Dolce & Gabbana tombait la troisième semaine du mois de la mode. Le duo a juxtaposé des looks féminins flamboyants (robes ornées de paillettes et de pierres du Rhin, d’autres bouffantes faites de chiffon, et leur marque de commerce : les bustiers ajustés) avec des morceaux un peu plus masculins à la rockabilly (blazers et pantalons ajustés et des pardessus un peu carrés).
Les pièces plus masculines nous ont vraiment plu, car elles représentent le mieux la griffe de Dolce et Gabbana. Les pardessus pastel se sont particulièrement démarqués. Un sentiment se dégage de ces looks de star : ils sont parfaits pour la soirée des Oscars.
Jil Sander
Raf Simons est adoré des critiques et des éditeurs de mode, non seulement parce que ses collections sont magnifiques, mais aussi à cause de son souci du détail et de la fabrication. Il propose des vêtements pour la femme cérébrale qui veut plaire à elle-même et non pour celle qui veut charmer la gent masculine. Par exemple, ses vestes et ses robes avaient un tout nouveau look, tellement volumineux qu’on ne pouvait voir les formes naturelles du corps.
Certains des vêtements avaient une forme complètement ronde, d’autres étaient cintrés à la taille. Il les a juxtaposés avec des tricots d’après-ski aux couleurs vives. Gageons que le pull à capuchon avec imprimés sera un gros vendeur la saison prochaine. Il a fermé le défilé avec l’idée de mélanger le côté sportif et l’élégance des grandeurs trop volumineuses en présentant des looks de soirée bouffants. C’était l’un des défilés les plus excitants de la semaine.
Giorgio Armani
La collection de la saison tournait autour d’un nouveau look en forme de cloche pour les jupes et les pantalons, dont la longueur arrivait juste au-dessus des chevilles. La gracieuse et fluide idée était chouette sur papier, mais en pratique, elle est plutôt difficile à porter. En particulier les pantalons à la coupe trop évasée, qui pourraient ajouter plusieurs livres aux femmes mesurant moins de 5 pi 9 po.
Cela dit, le défilé était plein de l’élégance classique propre à Armani dans une palette de couleurs variant du nu au gris, en passant par le noir et le bronze. Il a interprété les tendances saisonnières avec une brillante retenue, particulièrement dans ses vestes cintrées et ses robes de soirée chatoyantes, qui auraient ajouté un peu de piquant sur le tapis rouge de la soirée des Oscars.
Salvatore Ferragamo
Le défilé du créateur a pris une allure sophistiquée de film noir. Cette inspiration avait aussi influencé le défilé Emporio Armani plus tôt cette semaine, mais Ferragamo l’a amenée une coche au-dessus. Le designer proposait des looks bien coupés et androgynes noir et blanc rayés et aux motifs pied-de-poule, qui couvraient presque tout le corps sauf exception (quelques décolletés plongeants et jupes échancrées).
Bien que conservateurs, les vêtements avaient une sensualité qui transformait les mannequins de la rampe en êtres non pas froids, mais énigmatiques. Était-ce bien Isabeli Fontana, l’ange de Victoria’s Secret, dans cette robe-manteau bien coupée, subversive et sexy? Pendant ce temps, la robe à mailles brodée de cristal Swarovski et ornée d’une boucle au collet que portait Joan Smalls transformait son habituel air innocent en lionne féroce. Imaginez ce que ces pièces pourraient donner portées au quotidien.