Entre un coup de ciseaux et un coup de pinceau
On l’oublie, mais ce qui fait la réussite d’un défilé, ce ne sont pas que les vêtements. C’est aussi la façon dont ils sont présentés.
C’est pour cette raison que les coiffures et les maquillages qui complètent les looks imaginés par les designers doivent, en plus d’être soignés, être en harmonie avec les inspirations de leur créateur. C’est le travail d’Amélie Ducharme et de Denis Binet, respectivement directrice artistique de l’équipe maquillage et directeur artistique de l’équipe coiffure de la Semaine de mode de Montréal, de veiller à ce que ce soit le cas.
Métro les a rencontrés dans les coulisses de la passerelle du Marché Bonsecours lundi, alors qu’ils planchaient sur le premier défilé de la semaine, celui de Tavan & Mitto. L’ambiance était alors encore calme, mais ce n’était pour eux que le début d’une longue et excitante soirée…
Maquilleuse officielle de la marque CoverGirl, Amélie Ducharme explique que le travail avec les designers commence plusieurs semaines avant le jour J. Avec son comparse Denis Binet, elle rencontre tous les designers, qui leur partagent alors leurs inspirations, leurs croquis ou encore quelques bouts de tissus. Ils discutent des intensités qu’ils souhaitent créer pour la coiffure et le maquillage : l’accent sera-t-il mis sur les lèvres ou sur les yeux? Les cheveux seront-ils très naturels ou très travaillés?
«Ce qui est stimulant pour nous, c’est que nous présentons, à Montréal, la toute première Semaine de mode de l’année, fait valoir Amélie Ducharme. C’est nous qui créons les tendances.» Tout en répondant à nos questions, elle assure le suivi du maquillage pour le défilé de Tavan & Mitto : un maquillage distingué, très naturel avec un accent de couleur pour les lèvres.
De son côté, le coiffeur-styliste officiel de Clairol et de Pantène, Denis Binet, discute tout en coupant un toupet fait de rubans noirs que le tandem de créateurs a fabriqué pour l’occasion. Une queue de cheval très sage complète le style. Entre deux coups de ciseaux, le coiffeur confie que, sur les passerelles, la tendance est au mélange des textures, même dans le domaine capillaire.
«On est dans les extrêmes : le très texturé ou le très tiré, assure-t-il. La frange a la cote et les cheveux longs aussi, mais je vous dis que les cheveux très courts vont effectuer un retour en force bientôt.» Devant les miroirs, ça babille. L’ambiance est détendue, mais on sent que derrière cette désinvolture, il y a beaucoup de précision et de travail. Les mannequins doivent être rapidement prêts pour passer au test d’éclairage sur la passerelle. Ensuite, c’est l’habillage et les retouches. Et lundi soir, il y avait aussi trois autres défilés à préparer!