On mange bien, de l’autre côté de la rivière
Pendant la saison estivale, Métro se promène dans les diverses régions du Québec en quête de bonnes tables. Cette semaine, le restaurant Murray Street, à Ottawa.
Ottawa a longtemps eu la réputation d’être une ville terne, sans gastronomie et sans vie de nuit qui se respecte. Pourtant, depuis quelques années, de bonnes adresses apparaissent. Bon, d’accord, on n’a pas fait la fête jusqu’au petit matin et on a failli être refoulé aux portes d’un pub où il fallait montrer sa carte d’identité pour prouver qu’on avait plus de 30 ans (??). Mais côté bouffe, on a été servis avec le Murray Street, dans le quartier du Marché By, où les charcuteries et les fromages sont à l’honneur.
En consultant le menu à notre arrivée, on apprend que pour déguster la tête de porc fumé, il faut être au moins huit et réserver 48 h à l’avance. Notre tablée de trois ne nous permettait donc pas de découvrir ce plat. Nous sommes déçus (mais un peu soulagés, il faut le reconnaître).
Le menu tient sur trois pages, dont une page réservée aux choix de charcuteries et fromages. Il est donc possible de composer son plateau à la carte. Cet assemblage s’est avéré être le meilleur plat de la soirée. Nous avons débuté par une sélection de trois entrées. La poutine au canard confit, par curiosité, le B,B&J (salade de betteraves) pour la touche de légume, et le Offal Good… pour le suspense! La description du menu mentionne seulement qu’il s’agit d’une surprise. La serveuse n’a pas cédé à notre chantage émotif et a refusé de révéler des indices sur ce plat mystérieux.
La poutine, où les frites ont été troquées pour des pâtes de type spätzles, n’a pas fait l’unanimité. La texture n’est pas des plus agréables en bouche, et le cuisinier a eu la main lourde côté sel. L’offal good était en fait une tartinade à base de champignons et de foie. C’est à ce moment que l’on se rappelle qu’offal veut dire des abats en anglais. Les amateurs de foie de la tablée ont beaucoup aimé. Les autres penseront à traîner leur dictionnaire dans le ROC, la prochaine fois.
Notre surprise aux abats était accompagnée d’une friture superflue, d’autant que notre deuxième entrée, la salade de betteraves, venait avec un bout de Riopelle frit (un sacrilège, diront certains).
Finalement, ce trio d’entrées manquait un peu de vert. On s’est donc rabattus sur la verdure de notre Offal Good. On ne sait pas si elle était décorative ou non, mais ma foi, elle était très rafraîchissante. On a surtout envie de vous parler des charcuteries et des fromages, dont la carte est impressionnante, avec notamment des terrines artisanales. Nous avons opté pour le chorizo, de la soppressata et une mousse de foie de canard.
Côté fromage on a misé sur le Rassembleu, un bleu à pâte ferme, et le capriole, un petit chèvre. Les produits sont simples et de qualité. Les portions étaient généreuses sans tomber dans l’excès. Les produits étaient également accompagnés de gelée, de moutardes et de cornichons, ce qui complétait bien l’assiette. Ajoutez à cela un verre (ou deux) de Saint-Émilion, et vous avez quelque chose qui s’approche d’un moment parfait.
L’ambiance feutrée et intime participe grandement au succès de la soirée. Le restaurant situé dans un duplex comporte une vingtaine de tables. Les murs de briques rouges et les banquettes capitonnées ajoutent une touche de chaleur à ce décor. Bref, un endroit parfait pour déguster de bons vins, de bonnes charcuteries, en repas ou en apéro. Le genre d’endroit où il fait bon rester plusieurs heures après le repas, à discuter entre amis. Et ici, au moins, les 30 ans et moins sont admis.
En résumé
- L’occasion. Un apéro dinatoire pour un jeudi entre amis.
- L’ambiance et le décor. Convivial et décontracté.
- Les prix. Pour une entrée comptez 15 $, et 30$ pour les plats principaux.
- Nous avons aimé. La charcuterie et l’ambiance.
- Nous avons moins aimé. Les entrées trop lourdes.
Murray Street
110, Murray Street à Ottawa