Le salut de Sainte-Marie
Montréal s’apprête à investir 34 M$ pour la revitalisation de la rue Ontario, à la hauteur du métro Frontenac. Un électrochoc essentiel et urgent pour réanimer le quartier environnant.
Enclavé entre le pont Jacques-Cartier et Hochelaga-Maisonneuve, le secteur de Sainte-Marie a été largement négligé ces dernières décennies par les autorités municipales. Le déclin du quartier s’est amorcé dans les années 1970, avec la disparition progressive des activités industrielles, provoquant ainsi l’appauvrissement d’une population traditionnellement ouvrière. De nombreux bâtiments ont ainsi été abandonnés, l’économie locale s’est affaiblie considérablement et la qualité de vie des résidants n’a fait que se dégrader depuis.
Quarante ans plus tard, Sainte-Marie tente toujours de se relever de ses malheurs. Sa mauvaise réputation lui colle toujours à la peau, notamment au niveau de sa sécurité et de sa pauvreté. Pour un jeune couple, le quartier n’est pas nécessairement une destination de choix pour élever une famille.
Heureusement, un vent d’espoir souffle enfin dans la bonne direction. Le comité exécutif de la Ville vient d’autoriser un règlement d’emprunt de 17,8 M$ pour un réaménagement partiel de la rue Ontario, somme à laquelle s’ajouteront 16 M$ pour la réfection des infrastructures souterraines.
Les élus du secteur misent gros sur cette version améliorée de la rue Ontario pour insuffler un nouveau dynamisme économique, social et urbain dans Sainte-Marie. Les trottoirs seront élargis significativement, des cases de stationnement disparaîtront au profit d’aménagements végétalisés et un nouveau mobilier urbain (bancs, poubelles et lampadaires) fera son apparition. La zone d’attente pour autobus ceinturant la station de métro Frontenac sera également entièrement réaménagée.
Petite déception par contre : les cyclistes ne seront pas nécessairement les bienvenus. Selon la Ville, en ajoutant des saillies de trottoirs végétalisés de chaque côté de l’artère, la rue devient trop étroite pour y créer une piste cyclable. Les vélos seront plutôt redirigés vers des rues parallèles moins achalandées qui seront éventuellement mieux aménagées pour les recevoir.
Mais malgré ces investissements majeurs, le plus dur reste à venir pour Sainte-Marie : se redonner une réelle identité, une personnalité, qui reflétera davantage les réalités démographiques du quartier. Environ 40 % des résidants sont âgés de 15 à 34 ans, alors que dans l’ensemble de la population montréalaise, cette proportion ne s’élève qu’à 29 %. L’offre commerciale devra donc évoluer en y présentant plus de commerces de proximité conviviaux, répondant aux attentes de cette clientèle. Et pourquoi ne pas créer un nouveau marché public permanent?
Non seulement le quartier manque cruellement de bonnes adresses pour dénicher des fruits et légumes frais à prix raisonnables, mais les lieux de socialisation de qualité sont également très limités dans ce secteur. C’est une idée relativement simple à mettre en place pour venir à bout d’une problématique d’envergure.

