Faut-il taxer les boissons gazeuses?
La Coalition québécoise sur la problématique du poids (Coalition Poids) veut que le gouvernement québécois fasse une pierre deux coups pour sa cause avec une taxe sur les boissons gazeuses et énergétiques.Elle demande que l’argent récolté serve à améliorer la nourriture dans les écoles dans une lettre envoyée au premier ministre Jean Charest.
«Ces produits sont pointés du doigt par de nombreux experts dont l’Organisation mondiale de la santé et le gouvernement canadien pour leur contribution importante à l’épidémie d’obésité», a fait savoir par communiqué Suzie Pellerin, directrice de la Coalition Poids. Pour signer la lettre, des personnalités du monde de la santé, du sport et de l’alimentation se sont jointes à elle.
Le ministère de la Santé regarde toutes les pistes possibles, mais privilégie les mesures éducatives aux moyens coercitifs, a affirmé Natacha Joncas-Boudreau, l’attaché de presse du ministre de la Santé Yves Bolduc, en réponse à la proposition de la coalition.
Cette proposition s’inspire de nombreuses initiatives semblables ailleurs dans le monde. La Hongrie a adopté une telle loi qui entre en vigueur mercredi. Les sommes recueillis par cette taxe serviront à produire une campagne publicitaire sur la nutrition. La taxe hongroise s’élève à 5 forints par litre pour les boissons sucrées et à 250 forints/l pour les boissons énergisantes. Une taxe similaire au Québec équivaudrait à environ 0,03 $/l et 1,30 $/l. Plus près de chez nous, le maire de New York, Michael Bloomberg, a déjà proposé cette idée aux dirigeants de son État.
L’Association des embouteilleurs de boissons gazeuses du Québec (AEBGQ) s’oppose à une telle mesure. Elle affirme avoir l’appui de 89 % des Québécois d’après un sondage réalisé pour leur compte en 2011. Les répondants du sondage de la firme Ipsos-Reid disaient préférer la sensibilisation à la taxation pour combattre l’obésité. L’American Council on Science and Health croit que les boissons gazeuses constituent une cible trop pointue. Pour combattre le problème d’obésité, ce conseil américain suggère de s’attaquer à la consommation calorique totale et au manque d’exercice physique. L’AEBGQ souligne que ces boissons représentent 4 % de l’apport calorique des Canadiens.