Un aménagement au service de la convivialité
Les efforts que les gens consacrent à la décoration de leur maison pour l’Halloween m’amusent. Je me suis toujours demandé pourquoi ils investissaient tant dans la décoration extérieure pour si peu de temps. Instinctivement, je répondrais que c’est une question de tradition. Toutefois, après mûre réflexion, je suis parvenu à la conclusion que l’appartenance communautaire était essentielle.
Faire partie d’une communauté suppose que chacun doit faire sa part pour créer des liens invisibles. La façon dont une communauté devrait fonctionner n’est pas régie par des règles ni des règlements. La civilité est le seul critère qui oriente le mode de vie d’une communauté.
De nombreuses mesures peuvent transformer un nouveau complexe domiciliaire en une communauté. Certaines d’entre elles sont sociales, mais la majorité est d’ordre physique. On a tendance à croire, à raison, que les liens sociaux prennent des années à se tisser. Les stratégies de design qui ont recours à certains moyens physiques peuvent cependant accélérer ce processus. Étant donné que l’on passe de plus en plus de temps dans notre cocon, à distance des voisins, l’utilisation de ces stratégies revêt une importance
particulière.
L’importance des espaces verts
D’après les règlements de zonage de la plupart des municipalités, les plans des nouveaux complexes domiciliaires doivent destiner une partie du terrain à des espaces verts. L’aménagement de ces espaces a des effets cruciaux sur le sens d’appartenance d’une communauté. En créant plusieurs petits parcs, plutôt qu’un seul grand parc, on rassemble les habitants d’une même rue. Rien de mieux qu’un parc où l’on trouve des jeux et des pataugeoires pour apprendre à connaître ses voisins plus intimement. Quant aux jardins communautaires, où les gens peuvent faire pousser leurs propres légumes s’ils le souhaitent, ils constituent une autre utilisation du terrain qui crée des coins de verdure tout en rassemblant les gens.
Les bancs publics et les lampadaires figurent parmi les éléments que l’on trouve de moins en moins le long des trottoirs d’un quartier. Les bancs publics, où on peut s’asseoir avec une connaissance, et les endroits pratiques, où on peut se reposer après une promenade en soirée, particulièrement les aînés, offrent un cadre qui permet aux membres de la communauté de se parler dans le plus grand confort.
Si on laisse une bande de gazon entre le trottoir et la rue, les gens entretiennent non seulement leur cour avant, mais aussi le bien public.
Lieux de rassemblement
La création de petits espaces extérieurs où les voisins se rassemblent le 24 juin ou à d’autres occasions spéciales peut aussi contribuer à transformer un complexe domiciliaire en une communauté. L’espace peut contenir un point d’attraction, comme une scène, un pavillon ou même une fontaine.
Les gens qui cherchent une nouvelle maison ont tendance à s’assurer que les maisons témoins qu’ils visitent satisfont à leurs conditions de confort personnel. Dans la majorité des cas, les acheteurs ne recherchent pas d’infrastructures municipales particulières et ne posent pas de questions à ce sujet. Comme le complexe n’est pas encore construit, il est impossible de savoir à quoi il ressemblera et comment ils s’y sentiront. Il est probable que, s’ils savent comment les parcs publics, les jardinières et les paysages de rue seront aménagés avant d’acheter, ils se sentiront plus à l’aise dans leur quartier et trouveront du plaisir à rentrer chez eux.