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Se laver les mains, oui, mais à l'ancienne

Il semble que depuis la crise de la grippe H1N1, se désinfecter les mains est de­venu une obsession quotidienne. Pensons seulement aux nombreuses gammes de gels antiseptiques qui emplissent les étagères des pharmacies aux côtés des gels douche et des shampooings et qui se retrouvent dans nos sacs ou sur nos bureaux.

Ces gels, devenus des produits de consommation courante, sont-ils le fruit de véritables innovations en matière d’hygiène ou s’ajoutent-ils à la longue liste des cosmétiques?

L’Agence de la santé pu­blique du Canada assure qu’aucune avancée scientifique majeure dans le domaine n’a été enregistrée depuis le milieu des années 1990. Aucun nouvel ingrédient actif n’est à signaler : ces produits sont, dans leur immense majorité, à base d’alcool.

«Je ne pense pas qu’on puisse parler d’avancée scientifique, assure également Kellie Malo, chimiste chez Lalema, société spécialisée dans les produits sanitaires à Montréal. C’est plutôt la clientèle qui est de plus en plus consciente de l’importance de l’hygiène. Les gens attrapent de plus en plus de maladies qui sont causées par la proximité, dans les transports par exemple. Il y a certainement un besoin de se sentir en sécurité.»

La principale évolution chimique de ces produits réside dans la volonté de les adoucir. «Il s’agit aujourd’hui de cosmétiques de haut niveau, explique Mme Malo. Avant, les produits contenaient des extraits de pétrole, aujour­d’hui on ajoute de l’aloès ou de la glycérine [des agents hydratants]» pour le confort de la peau. Et, précise-t-elle, la présence accrue de ces gels dans les rayons de nos magasins est due à une multiplication des produits de base : les compagnies sortent sans cesse de nouveaux parfums, mais le produit reste le même.

Et qu’en est-il de leur efficacité? «Étant donné que l’alcool tue les bonnes et les mauvaises bactéries de la peau, il est préférable d’en faire un usage modéré», avertit Sylwia Gomez de Santé Canada. L’utilisation de ces produits est donc recomman­dée de manière ponctuelle et seulement en l’absence d’eau et de savon.

Alcool ou quaternaire?

La quasi-majorité des solutions antiseptiques sont à base d’alcool, mais de plus en plus, de produits sans alcool font leur apparition sur le marché. Ceux-ci sont composés de quaternaire, un antimicrobien que l’on retrouve dans les désinfectants pour les surfaces.

«L’alcool est très odorant et, dans l’esprit des gens, il reste que c’est inflammable, explique Kellie Malo, chimiste chez Lalema. Au niveau des qualités sensorielles immédiates, je dirais que le quaternaire est plus agréable, mais, sur le fond, ces solutions sont quasi équivalentes.»

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