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Square Viger: J’ai des félicitations à faire

Photo: Ville de Montréal

Cette semaine, j’aurais pu déblatérer sur ma déception par rapport à l’arrondissement de Ville-Marie, qui a autorisé la destruction d’un autre pan de l’histoire de Montréal, le bâtiment des services de l’immigration.

L’édifice, situé à quelques pas du Centre Bell, n’a peut-être rien de renversant sur le plan architectural, mais il reste tout de même un témoin privilégié du mouvement d’immigration massive qui a eu lieu pendant la Première Guerre mondiale. Une période durant laquelle les migrants provenant de pays en guerre contre le Canada étaient emprisonnés, en attendant d’être envoyés dans des camps d’internement ailleurs au pays.

Mais non, je n’irai pas dans cette direction, puisque j’ai des félicitations à faire à la Ville de Montréal dans deux autres dossiers.

Le premier: la nouvelle configuration du square Viger. Depuis quelques semaines, je m’étais résigné à voir disparaître l’œuvre de Charles Daudelin, devant l’entêtement du maire Coderre à vouloir passer le bulldozer dans le square. Force est de constater que j’ai jeté l’éponge un peu trop tôt dans ce dossier. Le maire a fini par piler sur son orgueil en voyant l’impressionnante mobilisation des experts en aménagement du territoire, des étudiants et des musées montréalais qui s’opposaient à la destruction de ce square en manque d’amour.

La nouvelle mouture, dévoilée la semaine dernière, est beaucoup plus riche dans sa composition et conserve une partie de la signature singulière du square Viger: les fameuses pergolas de béton. Le site gagne en végétalisation, et les deux tours de ventilation du tunnel Ville-Marie seront dorénavant intégrées au design (contrairement à la version de juin dernier, qui les oubliait bêtement). La première sera dissimulée dans l’architecture d’un café-bistro; la seconde servira à accrocher une œuvre d’art numérique.

Certes, le projet n’est pas parfait. Certains groupes de protection du patrimoine, dont Docomomo Québec, ne s’en contentent toujours pas. Mais de mon point de vue, les concepteurs de cette nouvelle version, Relief Design et l’Atelier Christian Thiffault, ont réussi à dénicher un consensus raisonnable entre le statu quo et la destruction pure et simple de l’œuvre. Être un employé du CHUM, je serais heureux de pouvoir compter sur l’aménagement d’une telle place publique pour aller prendre un peu d’air frais sur l’heure du lunch.

L’autre dossier pour lequel je dois complimenter Mont­réal, c’est celui du Sommet mondial du design. Après quelques hésitations, la Ville et son Bureau du design ont finalement décidé de s’impliquer financièrement auprès de l’organisation Mission Design, qui a réussi l’exploit de réunir, en 2017, les leaders planétaires des six branches du design: architecture, architecture de paysage, design graphique, design intérieur, design industriel et urbanisme. Des milliers d’architectes et de designers convergeront ainsi vers notre métropole afin de discuter d’enjeux globaux qui touchent leur profession, notamment en lien avec le développement durable et la lutte aux changements climatiques.

Pour une Ville UNESCO de design, Montréal devait sauter à pieds joints dans cette aventure, qui soulignera notamment le 50e anniversaire de l’Expo 67.

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