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Quand le design urbain sert d’arme contre les pédophiles

Photo: Métro

La ville de Los Angeles expérimente depuis quelques mois une méthode peu orthodoxe pour évincer les pédophiles de certains quartiers : créer des parcs pour enfants.

Paradoxal comme stratégie, me direz-vous. L’initiative américaine est pourtant bien réfléchie.

La Californie interdit à tout individu, reconnu comme délinquant sexuel devant la justice, de se promener (et même de résider) à moins de 600 m d’un parc ou d’une école. Les villes de l’État peuvent ainsi «tirer avantage» de cette loi dans les quartiers les plus touchés par les crimes sexuels, en créant des parcs à proximité des domiciles des prédateurs pour les forcer à déménager.

Los Angeles use actuellement de cette stratégie pour tenter d’expulser 33 criminels du Harbor Gateway, un lieu reconnu pour ses tensions raciales entre Afro-Américains et latinos. Il s’agit également de l’un des coins de la métropole où l’on trouve la plus grande concentration de prédateurs sexuels, alors que le quartier accueille de nombreuses familles et compte huit écoles.

Les politiciens de la région ont-ils essayé de cacher leurs véritables intentions derrière la création de ces parcs? Ont-ils plutôt mis l’accent sur des arguments comme l’amélioration de la qualité de l’air ou encore la réduction des îlots de chaleur? Pas du tout. L’aménagement de ces espaces est considéré comme une mesure politique concrète pour déplacer les «indésirables» de Los Angeles vers des quartiers moins populeux, comme des zones industrielles.

Est-ce éthique comme initiative? Chose certaine, cette offensive urbanistique suscite de vives réactions dans la population depuis l’hiver dernier. Certains s’en réjouissent en y voyant une solution pour protéger leurs enfants; d’autres estiment plutôt qu’il s’agit d’une atteinte aux droits de la personne. Sans compter qu’on ne fait que déplacer le problème au lieu de le régler, avec des mesures de réhabilitation sociale par exemple.

Reste que cette histoire américaine n’est pas sans rappeler le programme que souhaitait récemment implanter le maire d’Amsterdam, Eberhard van der Laan. Ce dernier proposait l’érection de camps, en périphérie de son centre-ville, où seraient logées des personnes violentes ou considérées comme «antisociales». Une équipe municipale serait chargée de déterminer les secteurs où se concentrent le plus de criminels récurrents (sexuels ou autres), afin des les déplacer temporairement vers ces camps surveillés 24 heures sur 24 par la police.

Inutile de vous dire que ce plan douteux, qui semble tout droit sorti d’une histoire d’Orwell, a évidemment fait jaser un peu partout en Europe.

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