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Une mesure illégale selon les membres du barreau

Les rencontres entre détenus et avocats dans les prisons de Bordeaux et de Rivière-des-Prairies sont filmées, comme l’a révélé récemment un quotidien Montréalais. Un membre du barreau explique pourquoi les défenseurs ne sont pas d’accord avec cette disposition.

« Je considère que c’est une mesure illégale, déclare Me Mark Savard, avocat à Ahuntsic. À mon avis, c’est évidemment une ingérence injustifiée et injustifiable du pouvoir de l’état dans un principe de base d’une société de droit, soit le contact privé entre un individu avec un professionnel quel qu’il soit, médecin, psychologue, avocat, etc. »

Dans un courriel envoyé par le service des communications du ministère de la Sécurité publique, on apprend que ces caméras ont été installées 2008 à l’établissement de détention de Montréal, plus connu sous le nom de la prison de Bordeaux. Des caméras qui « ne sont pas munies de microphone. De plus, ces caméras ne sont pas munies de lentilles de rapprochement », indique-t-on.

On admet au ministère que pour informer les avocats de ces dispositions « il n’y a pas eu d’avis écrits envoyés avant la pose de ces caméras en 2008. Toutefois, les caméras sont visibles et dans certains cas, des affiches avertissent les occupants de cette présence. » Quant à leur utilité, on indique que « dans certains cas (…) les caméras ont permis de constater l’échange d’objets interdits. »

La sécurité a bon dos?

Cet argument sécuritaire est rejeté d’un revers de manche par Me Savard. « Il y a d’autres méthodes pour lutter contre les trafics, note-t-il. Les détenus peuvent être fouillés. Dans les cubicules destinés aux fins des rencontres avec les gens détenus, il y a des vitres que seul le son traverse. Le contact de personne à personne n’est pas nécessaire, en général. » Les avocats notamment par la voix de leur association mettent surtout en évidence les atteintes au droit de la défense.

L’AADM relevait le risque de voir la confidentialité des échanges entre détenus et avocats compromise, à cause de cette surveillance.

« La présence de caméras ouvre la porte à une déstabilisation du processus judiciaire pénal en faveur de l’état sous un prétexte douteux », souligne Me Savard.

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