Sale temps sur les terrasses
«Nous sommes le 2 juillet les enfants et leurs enseignants sont en vacances et il n y’a pas personne sur la terrasse», constate amère Mme Poirier. Elle mène avec beaucoup d’enthousiasme le Vire-vent. Dans son établissement, la crème glacée règne en maître l’été. «Ma saison commence en mai. J’ai trois à quatre mois de gros rush», avoue-t-elle. Mais les quelques chaises et les quatre tables installées à l’entrée de son magasin sont désespérément vides. Elle ne sait pas si elle fera les chiffres escomptés. Le mauvais temps de ces derniers jours est-il en cause ? Pour elle, certes la météo n’a pas été très clémente avec son commerce qui rime avec beau temps. Mais ce ne serait pas la seule raison. «Les festivals que l’on tient au centre-ville déplacent le monde aussi», indique-t-elle. Elle soutient qu’on ne peut résumer à une seule raison la désertion des terrasses. Elle constate aussi que «depuis cinq ans, je vois que la fréquentation est en baisse».
À l’Aroma Café on laisse la morosité à l’extérieur. «Oui la terrasse ça marche très fort surtout pour les gens qui veulent fumer», annonce Mimo, le propriétaire. Il semble avoir abusé de café fort justement et l’établissement est d’ailleurs à son image : énergique. La pluie n’aurait donc eu aucun effet sur la clientèle «C’est sûr, quand il pleut, les gens sont à l’intérieur». Il se ravise toutefois : «Je pense que oui, il y a moins de gens qui s’assoient à la terrasse depuis quelques années ». Quant à la raison, il a du mal à la déterminer.
Quelle morosité ?
À Fleury Ouest, FLO pour les intimes, l’image tranche avec l’impression de monotonie laissée sur la promenade Fleury. La chape qui enveloppe la ville ne semble pas avoir d’effet ni sur le moral des clients ni sur celui des propriétaires.
À la chocolaterie Bonneau, Josianne considère que la terrasse est «un élément d’attrait supplémentaire» pour son commerce. Les glaces ont trouvé leur place sous une enseigne qui n’a pas à se faire connaitre. «On a du monde jusqu’à 10 h du soir», indique-t-elle. Selon elle, la pluie n’est qu’un aléa.
«Les gens nous remarquent plus grâce à la terrasse», précise Sarah de Frites-alors. Il est vrai que celle-ci ne désemplit pas, mais elle a l’avantage d’être couverte.
Chez les Cavistes on offrira bientôt 28 places sur la terrasse. «On a reçu les auvents hier, les meubles arriveront la semaine prochaine», précise Robert Herrera. Il note toutefois que : «c’est le premier été que nous passons à Fleury. On ne sait pas ce que cela va donner». Quant à la pluie qui semble avoir pris ses aises cet été. «Tout le monde sait qu’à partir de la mi-juillet le temps est humide à Montréal. Les gens ont passé leur phase-terrasse deux mois avant. Nous avons de grandes fenêtres qui ouvrent. On peut toujours revenir à l’intérieur».