Noël en trois temps
Cette année, il sera sollicité deux fois pour faire le père Noël. «Je vais demander d’annuler une des deux», dit Fernand Barrette en souriant. À 96 ans, il n’a jamais cessé d’être actif, notamment à Noël. Mais il fatigue.
Ce Cartiervillois depuis 1949 a commencé à incarner le père Noël en 1982, et cela ne s’est jamais arrêté.
Fernand Barrette aime les enfants et s’il n’en a jamais eu, il a adopté Lucette en 1948. Il a fait le père Noël pour la première fois dans la garderie Sainte-Marcelline. Des religieuses lui ont ensuite demandé de faire le père Noël dans la résidence l’Amitié.
«Ainsi, chaque année, j’allais en père Noël visiter les résidents» se rappelle-t-il. Aujourd’hui lui-même en résidence, il est père Noël où il demeure.
M. Barrette, béni par le Pape Jean Paul II en 1984, au même moment que Céline Dion au Stade olympique, se souvient de son plus beau Noël à la fin des années 1960 à l’église Notre-Dame-des-Anges. «C’était une belle messe de minuit avec trois prêtres, raconte-t-il. C’était un beau sermon, une belle crèche.»
Et aujourd’hui? «Je trouve que Noël est devenu trop commercial», déplore-t-il.
Nouvelle génération
Ghislaine et Patrick Bélanger ainsi que leurs deux enfants, Cédric, 15 ans, et Rumy, 9 ans, ont de tout temps célébré Noël. Parfois là où ils habitent, dans leur quartier, souvent dans leur famille. «En fait, on reçoit dans la famille chacun son tour», explique Ghislaine.
Si on est sûr de trouver un sapin à Noël chez les Bélanger, on trouve aussi toutes sortes de décorations. «Il y a quelques années, mes enfants m’ont demandé une crèche. Sinon, il y a les décorations traditionnelles de Noël avec beaucoup de personnages et des chandelles», précise-t-elle.
La famille est allée à la messe de Noël la dernière fois il y a neuf ans. «C’était à l’église Notre-Dame-des-Anges, mais la messe fait partie de mes plans d’avenir», indique la maman.
Chez les Bélanger, on prépare surtout les plats traditionnels de Noël. Dinde et tourtières sont au menu.
Mais par-dessus tout, Noël représente pour Ghislaine «un temps d’arrêt, un moment pour se retrouver en famille».
Nouvelles arrivantes
Elles s’appellent Sadjeda, Lynda, Salam et Leila. Elles viennent de Jordanie, d’Algérie, du Liban et de Syrie. Elles ont en commun l’Islam.
Sadjeda est arrivée il y a huit ans. «En Jordanie, on avait des voisins chrétiens et on les voyait décorer leur maison à Noël», se souvient-elle. Cela dit, elle ne fête pas Noël à la maison.
«Cette fête ne me concerne pas! Cela n’existe pas dans nos traditions ou notre religion», déclare pour sa part Lynda, qui est ici depuis autant d’années que Sadjeda. «Moi je ne fais rien à la maison. Le jour de l’An, oui, je veux bien faire la fête, mais pas à Noël», dit-elle, comme pour se donner une occasion de réjouissances durant le temps des Fêtes.
Contrairement à elle, Salam, tout aussi musulmane, décore un sapin et échange des cadeaux en famille. «Au Liban, on décorait la maison, mais on ne faisait pas de cadeaux. Ici, on s’offre des cadeaux», précise-t-elle.
«Moi je découvre», dit Leila qui est arrivée depuis trois mois au Québec, après un passage par l’Arabie saoudite. «Là-bas, il n’y avait pas de célébration de Noël. Tout est nouveau pour moi.» Pour se donner une idée des choses, elle a participé à la fête de Noël célébrée en avance dans l’organisme d’intégration où elle apprend le français.