Guerre à l'agrile du frêne
Cet abattage entre dans le cadre de la stratégie montréalaise menée contre cet insecte qui détruit les frênes aux Etats-Unis et au Canada. Le boisé est un foyer d’infestation d’agriles du frêne et menace à terme tous les arbres alentours. Le site concerné est partagé entre la Commission scolaire English-Montreal, le ministère des Transports de Québec, l’Agence métropolitaine de Transport et la Ville de Montréal. «Le boisé n’a pas une grande valeur écologique», précise Bruno Chicoine, technicien forestier à la ville de Montréal. «C’est un terrain qui a été laissé en friche. Il n y a pas de sentiers ou d’accès», explique Brigitte Léonard Conseillère en relations médias à l’Agence métropolitaine de Transport. On estime le nombre d’arbres à abattre à un millier. Une centaine sont des individus adultes et environ 900 sont de petite taille. «Ne pas détruire ce foyer met en danger les frênes de rues. C’est-à-dire un arbre sur cinq», explique Anthony Daniel, conseiller en planification à la division de l’arboriculture à la direction des grands parcs de la ville.
Une stratégie de défense
«La stratégie de lutte de Montréal est adaptée à l’évolution de l’insecte», indique M. Daniel. «Les insectes adultes émergent de l’écorce à la recherche de nourriture entre la mi-mai et la fin juin», prévient-il. «En éliminant le foyer avant fin mars, on se donne une marge de sécurité», précise-t-il.
L’agrile du frêne est un insecte originaire d’Asie, il a été découvert en Amérique du Nord en 2002. Il est de couleur métallique. «Il est très joli», souligne Marlène Ouellet des communications à l’arrondissement. «Mais tellement dévastateur», s’alarme-t-elle. La ville canadienne de Windsor et une ville américaine voisine de Détroit ont perdu 99 % de leurs frênes à cause de lui. En L’absence de prédateurs naturels et de défenses chez les arbres américains, il a détruit entre 60 et 100 millions de frênes sur le continent. Il a été observé la première fois sur l’île de Montréal en juillet 2011.
Il se nourrit essentiellement de feuilles de frênes à la cime des arbres. Les œufs, pondus sur les fissures de l’écorce, se transforment en larves entre l’écorce et le tronc. La reproduction répétée des insectes tue un arbre au bout de cinq à six ans.
À Montréal, on veut réduire le risque. «Cela passe par l’élimination des foyers infestés et l’injection de biopesticide pour préserver les arbres matures ailleurs».
Tous concernés
À Cartierville, le terrain concerné appartient à des institutions, ce qui a facilité l’accord. Mais la ville sollicite aussi la participation des résidents pour vérifier les arbres sur leurs terrains.
On indique que l’année 2013 peut-être la dernière chance pour traiter de manière préventive, les frênes avant qu’ils ne soient définitivement contaminés.
Combien coûte cette guerre ? Abattre et déchiqueter un arbre revient à 1500$. Une injection annuelle coûte à 100$ par année. «L’injection est répétée tant que la menace d’infestation existe», averti Anthony Daniel. Pour le boisé qui sera éliminé, on suppose une plantation de nouvelles essences, voire un aménagement. «Toutes les options sont possibles», annonce Brigitte Léonard de l’AMT.