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Intégrer par la fête

C’était Noël avant l’heure ce dimanche au Centre communautaire et culturel Bois-de-Boulogne. Le Centre d’appui aux communautés immigrantes (CACI) réunissait les nouveaux arrivants à Bordeaux-Cartierville pour marquer le temps des Fêtes.

Une fête haute en couleur, dans tous les sens du terme. «Il y a au moins 500 personnes», annonce Anait Aleksanian, directrice du CACI, visiblement satisfaite du déroulement des opérations. Dans le brouhaha d’une célébration assez hétéroclite, où la diversité de la musique reflétait la variété des plats servis, Mme Aleksanian indique que la fête de Noël fait partie des activités d’intégration pour les immigrants.

Passer le message

La fête s’explique aussi par des raisons pratiques. «Les nouveaux arrivants ont besoin d’être entourés pour leur socialisation», dit-elle. Mais pas uniquement. «La moitié des personnes à qui nous offrons des services viennent du Maghreb, une région où célébrer Noël ne fait pas forcément partie des traditions.»

Est-ce que, pour autant, le CACI rencontre des résistances? «Regardez: il y a des femmes voilées dans l’assistance. Pour elles, il est important de fêter Noël avec nous», indique-t-elle.

Début de chemin

Le CACI, qui possède un volet francisation pour les immigrants, est aussi un carrefour de rencontres et un réceptacle de questionnements. «Les gens arrivent avec leurs rêves d’immigration. Ils sont ensuite confrontés à la réalité. On le voit sur leur visage au bout de deux semaines. Certains sont tristes et fâchés. D’autres comprennent que la réalité n’est pas celle qu’ils imaginaient», dit Mme Aleksanian. Au même moment, le magicien Mago Majo souffle sur canne qui se transforme en foulard et des confettis virevoltent sur scène.

En quoi une fête contribue-t-elle aux missions du CACI? «Nous accompagnons les immigrants à trouver un emploi, mais nous les aidons aussi à adhérer aux valeurs québécoises», déclare Mme Aleksanian. À cet instant, on entend les Turlutins qui se lancent dans ce qui sonne comme un reel endiablé.

«C’est tu Québécois ça?», s’inquiète un voisin de table. «Bien entendu!», lui répond-on.

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