Le cycle de la revitalisation
Lors de la dernière séance du conseil, les élus ont adopté un règlement permettant le changement de zonage. Même si nous en sommes encore au tout début du projet, il est déjà à prévoir que l’aménagement d’un parc contribuera à créer un milieu de vie agréable sur l’artère pour les résidents et les quelque 10 000 travailleurs du secteur.
«Le modèle de la Place Valois dans Hochelaga-Maisonneuve est un aménagement urbain intéressant, mais la Ville pourrait tout aussi bien retenir une idée de parc qui soit davantage un espace vert, indique M. Perron. Une vingtaine de millions de dollars ont déjà été investi pour la revitalisation du quartier, mais il manque toujours un certain effet wow. Le parc aidera à ce niveau.»
M. Perron réfère au fait que, malgré des efforts considérables, certains travaux sont encore à faire: l’enfouissement des fils électriques du côté sud de la rue Chabanel. «Mais il y a eu quand même beaucoup d’amélioration. Quand je suis arrivé en poste à la CDEC, il n’y avait même pas de poubelle sur la rue», blague-t-il.
Grand potentiel
Le secteur Chabanel, c’est aussi une superficie de 13 millions de pieds carrés en bureaux, entrepôts, ou espaces de production et d’expédition, dont une partie est encore à combler. La reconversion de ces espaces passe nécessairement par une redéfinition de l’identité du quartier, souvent perçue négativement par les Montréalais et les investisseurs.
«Il faut faire comprendre premièrement que Chabanel est très accessible, insiste M. Perron. La rue est située à l’angle de deux autoroutes importantes et il est facile de se rendre sur les deux rives et même au centre-ville. C’est la carte de l’accessibilité que nous devons jouer, même si pour plusieurs, le nord de la métropolitaine, c’est trop loin.»
À ceux qui considèrent que le quartier n’est pas assez dynamique dans sa revalorisation, en comparaison à des secteurs comme Griffintown ou les shops Angus, le directeur général de la CDEC répond: «Il ne faut pas oublier que le déclin manufacturier du textile n’est arrivé qu’au début des années 2000, au moment des levées des quotas à l’importation. L’économie de ces quartiers a chuté près de 50 ans avant celle d’Ahuntsic», rappelle-t-il.
À preuve, le 433 Chabanel a été érigé en 1985. Il y a donc à peine 30 ans, une bâtisse de cette envergure était nécessaire pour soutenir l’essor de l’industrie textile dans le secteur. «Il s’agit d’un cycle et nos opportunités de revalorisation sont venues plus tard que dans d’autres quartiers», analyse M. Perron, somme tout optimiste.
La Ville a l’œil sur une bâtisse
La Ville de Montréal désire acquérir de gré à gré les locaux de Plastique Transco. Fermée depuis le 18 janvier, la bâtisse sise sur le boulevard Saint-Laurent, dans le secteur Chabanel, pourrait être rachetée pour 13,1 M$. Cette acquisition permettrait de relocaliser la cour de services municipaux de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville.