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Le logement social, une priorité pour les Ahuntsicois

Le 20 février dernier s’est tenue la première assemblée publique sur le thème du logement social et familial dans Ahuntsic. Organisé par la table de quartier et son chantier habitation, ce forum citoyen avait pour but d’entendre les besoins en logement des citoyens et d’initier un dialogue avec les élus de l’arrondissement sur la question.

Comme c’est maintenant la norme chaque fois qu’une assemblée citoyenne est organisée autour de la question de l’habitation, la salle polyvalente du centre communautaire Ahuntsic était pleine. Élus de tous les paliers, locataires, propriétaires, membres du Comité logement Ahuntsic-Cartierville (CLAC) et même un promoteur ont répondu à l’invitation de Solidarité Ahuntsic.

Rappelons que le portrait de la population ahuntsicoise change. Celle-ci est vieillissante, diversifiée et compte de plus en plus de familles nombreuses, ce qui implique des besoins spécifiques en termes de logement.

Pour Carole Michaud, qui œuvre au sein d’Entraide Ahuntsic-Nord, il ne fait pas seulement aborder la question du logement à loyer modique, il faut aussi trouver des solutions pour de l’habitation décente pour les aînés. «Je le vois sur le terrain, des aînés seuls, des femmes surtout, vivent dans des conditions précaires. Des projets comme les Jardins Millen ne constituent pas la solution», rappelle-t-elle soulignant qu’il ne faut pas oublier cette catégorie de citoyens dans l’équation. «Je vois des gens qui ne sont plus du troisième âge, mais bien du quatrième âge», insiste Mme Michaud.

Sur le plan des besoins en loyers familiaux, le CLAC a compilé des statistiques évocatrices quant à l’urgent besoin d’appartements à plusieurs chambres. En vertu des demandes qui ont été faites au CLAC, 417 ménages auraient actuellement besoin d’un logement à deux chambres, 251 de trois chambres et 128 de quatre chambres et plus. Il est à prévoir que ces chiffres sous-estiment la réalité puisqu’ils ne tiennent compte que des requêtes qui ont été placées au comité.

Contre la ghettoïsation

Un des thèmes récurrents de la soirée a été la ghettoïsation. On l’évoque souvent lors de discussions sur le logement social: il ne faut pas créer des poches de pauvreté avec ce type de projet. Lors de l’assemblée, plusieurs ont cependant critiqué les ghettos de luxe que forment les vastes constructions immobilières misant sur la vente de condos. Marie Blais, résidente du quartier depuis 50 ans, commente. «On ne parle pas de pauvreté dans les événements comme Demain Montréal, on ne dit pas que les écoles débordent et que la ville appartient aux promoteurs, a-t-elle dénoncé. Il ne faut pas se le cacher, les Jardins Millen, c’est un ghetto pour riches!»

Pour Hubert Gendron-Blais du CLAC, l’actuelle stratégie d’inclusion de tels projets ne parvient pas à éviter la création de ghettos. «Au comité nous croyons que des coopératives d’habitation arrivent véritablement à créer de la mixité.

Position des élus

Maria Mourani a exposé sa vision d’un développement responsable de l’immobilier dans Ahuntsic. Pour la députée fédérale, il est nécessaire de s’adapter à l’évolution des besoins en habitation du quartier et de les analyser avec ouverture, sans position dogmatique. «Les Ahuntsicois sont pour la mixité et le logement social, mais ils sont contre la densification. Pourquoi construisons-nous des lofts dans le quartier Chabanel, pourquoi planifions-nous bâtir plus de 1200 logements sur un territoire restreint? Et la quantité de condos dans Ahuntsic, ça n’a pas de bon sens», a-t-elle déploré.

Jocelyn Ann Campbell croit pour sa part que de bons projets en habitation peuvent être menés en respectant trois grands principes cardinaux: l’expertise, le respect des besoins des citoyens et la conciliation. «Nous sommes conscients que les intérêts et les besoins sont multiples en habitation, mais c’est avec des dialogues constructifs que l’on développe de bons projets. Être à l’écoute des résidents et concilier leurs besoins, c’est ça le rôle du municipal. Il faut nuancer certains raccourcis qui polarisent les camps en méchants et bons dès qu’il est question de projet de logements», a rectifié la conseillère de Saint-Sulpice.

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