Souffrir en équipe
Axé sur l’entraide et la cohésion du groupe plutôt que sur la compétition, le bootcamp est une forme d’entraînement en plein air organisée sous forme de circuit qui combine des périodes d’endurance cardiovasculaire et des exercices d’endurance et de force musculaire.
Une séance de bootcamp se déroule normalement en trois segments. L’heure s’amorce par des échauffements de groupe coopératifs : circuits à relais, souque à la corde et autres redressements assis en ligne (les équipiers ont les bras noués et doivent suivre le rythme), donnent le ton à l’entraînement. Fous rires et bonne humeur sont évidemment de la partie! Ensuite c’est l’étape des stations d’exercices ou pendant une minute les participants devront répétés le plus souvent possible une manœuvre simple. Les exercices de chaque station ciblent une partie différente du corps, de sorte qu’à la fin du bloc, l’ensemble du corps a travaillé. La séance se clôt par une période de retour au calme, d’étirement et de discussion.
S’adressant à toute personne qui souhaite être plus active, le bootcamp favorise l’entraide et le plaisir, bref l’activité est à l’opposé de la routine des entraînements en salles.
Mais les vertus de ce programme nouveau genre dépassent largement son aspect ludique. Les kinésiologues s’entendent : « le bootcamp est excellent pour le cardio-vasculaire, le VO2 max et la perte de poids. Il améliore l’endurance, l’agilité et la coordination », conclut Mme Gailhard.
Un entraînement fonctionnel
Élaborés à partir d’équipement non conventionnel et volontairement instable, les exercices de bootcamp visent à améliorer les mouvements par des rééquilibrages répétés. Mathieu Drugeon insiste : « ces exercices permettent de rendre nos mouvements quotidiens plus efficaces, c’est pourquoi on parle d’un entraînement fonctionnel. Vous vous en rendrez compte lors de votre déménagement le 1er juillet », ajoute-t-il, sourire en coin. Donc rien à voir avec les salles de gym où on répète sur des machines spécialisées des mouvements que l’on ne fait pas dans d’autres contextes. D’ailleurs d’après le kinésiologue, ce type d’entraînement est en perte de popularité : « héritées pour la plupart du monde du culturisme, les machines de conditionnement physique sont conçues pour hypertrophier les muscles, c’est-à-dire pour gagner de la masse musculaire et non pas à améliorer l’efficacité de cette masse », a-t-il précisé. « En plus, s’entrainer en salle, c’est un peu ennuyant », ajoute Marine Gailhard, rappelant que le taux d’abandon des programmes d’entraînement en gymnase est très élevé.
Le bootcamp à Ahuntsic
Les séances de bootcamp que proposent Mathieu Drugeon et Marine Gailhard, tout deux Français, arrivés au Québec pour faire leurs études de kinésiologie à l’Université de Montréal, auront lieu tous les samedis à 10h au parc Ahuntsic au pied de la butte et les dimanches du parc Jean-Martucci à l’angle des rues Étienne-Blanchard et René-Labelle.
Pour les adeptes un brin plus téméraires, un programme de bootcamp constitue la préparation toute désignée pour les courses du circuit Spartan Race, ces courses extrêmes où l’on rampe, grimpe, saute et court. D’ailleurs Mathieu Drugeon (notre photo) a participé à la première édition montréalaise de cette compétition.
Le bootcamp propose donc une nouvelle façon de s’entraîner ou plaisir rime avec développement efficace de mouvements simples, mais fonctionnels. Bref, il s’agit d’une activité complète pour ceux qui n’ont pas peur de transpirer!