La force de Myriam
« Myriam a joué avec l’équipe en deuxième et troisième secondaire dans la catégorie cadet. À cet âge il y a une différence dans le développement des gars et des filles, mais on ne pensait pas qu’elle aurait la force nécessaire pour le calibre de l’équipe juvénile », confie l’entraineur-chef des Kodiaks, Mario D’Amico. « Notre approche avec le club c’est qu’on accepte tout le monde, même les filles, mais souvent nous devons les retrancher lorsqu’elles s’exposent à des blessures. Ce n’est pas arrivé avec Myriam, faut dire qu’elle était bien préparée, elle a pratiqué avant le football l’haltérophilie », raconte encore l’entraineur.
« Mes semaines sont bien remplies, je n’ai pas beaucoup de temps libres, mais j’ai choisi de jouer au football et de faire ce qu’il fallait pour y progresser », dit-elle. Son investissement correspond en effet à quatre soirs de pratiques et une journée de fin de semaine de match en général, mais ce n’est pas assez pour cette jeune passionnée qui s’entraine aussi les matins avec l’équipe de flag football, version sans contact du sport normalement pratiquer par les filles. « Mais malgré la charge de travail, je remarque que lors de ma saison de football, mes notes augmentent », dit-elle.
Une fille dans un sport de contact
Malgré ses cinq pieds trois, Myriam tire son épingle du jeu dans ce sport de contact, et ce, même si certains de ses adversaires ont un gabarit plus qu’imposant. Elle analyse: « je sais quels sont mes atouts, mais aussi mes faiblesses et ça me permet de mieux analyser mes options. Les joueurs très imposants, je peux les battre par la vitesse en gardant mon centre de gravité bien bas ».
Sa passion, mais aussi son éthique de travail, l’amènent également à représenter le collège dans les camps de perfectionnement estivaux que ceux que tiennent entre autres les Carabins de l’Université de Montréal. Elle y rencontre plusieurs autres joueurs du circuit scolaire ou une certaine rivalité se créer à l’occasion: « lors d’un récent match, Myriam a réalisé un plaqué important sur le fils d’un partisan moqueur. Juste avant le jeu, le père avait questionné la stratégie de faire jouer une cheerleader », se souvient M. D’Amico. Myriam, plus humble: « C’est sûr que les gars ont des préjugés, mais dans l’équipe ce n’est pas comme ça, souvent c’est moi qui vais rappeler aux gars quel jeu nous devons faire, dit-elle à la blague, mais je suis surtout contente de représenter le Collège, nous avons des bons coachs et les valeurs à la bonne place. »
« Mais on ne se cachera pas que l’intégration a été plus ou moins facile. Certains joueurs même dans l’équipe étaient plus ou moins à l’aise avec le fait de devoir frapper Myriam, mais il a fallu leur faire comprendre que dans les matchs, personne n’allait l’épargner et maintenant les gars la respecte beaucoup », rappelle l’entraineur soulignant au passage que certains joueurs n’ont pas la détermination de Myriam et ont lâché l’équipe parce que c’était trop difficile.
La saison étant bien amorcée, Myriam conclut qu’elle se sent à l’aise avec ses coéquipiers: « Je me sens mieux avec les gars, je suis davantage moi-même malgré toutes les niaiseries qu’ils font. Je trouve leur humour beaucoup plus drôle que les discussions de filles à propos d’Occupation double », dit-elle en riant.