Gagnier souhaite réduire le nombre d'élus
Le maire de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville souhaite aller de l’avant et effectuer une refonte de la gouvernance de la Ville de Montréal.
Pierre Gagnier joint ainsi sa voix à plusieurs élus comme la chef de Vision Montréal, Louise Harel, qui désirent une restructuration.
«Je trouve ça un peu étrange de voir un arrondissement qui n’a que 18 000 citoyens (L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève) avoir autant d’élus pour les représenter qu’un arrondissement comme le nôtre, qui compte 125 000 personnes», soulève-t-il.
M. Gagnier siège comme indépendant à l’arrondissement et au conseil de Ville. Il croit que les élus doivent sérieusement étudier la question d’ici 2013. L’arrondissement du Sud-Ouest a fait les manchettes dernièrement pour avoir coupé dans ses services au citoyen.
La marge de manœuvre n’es pas énorme à Ahuntsic-Cartierville. «Ça fait trois ans que la dotation que nous recevons de la Ville est la même, mais nous avons toujours plus de dépenses, avec les salaires qui augmentent et les conventions qui se renouvellent. Les temps s’annoncent encore plus durs pour 2013, alors que la Ville de Montréal s’attend à avoir encore plus de difficulté à boucler son propre budget», explique le maire d’arrondissement.
En éliminant des élus et en procédant à une refonte des arrondissements, ceux-ci pourraient économiser des sommes d’argent intéressantes.
10 millions de dollars
Lors d’une rencontre avec le Courrier Ahuntsic, M. Gagnier a bien voulu avancer quelques chiffres. Le maire estime qu’en réduisant de moitié le nombre actuel d’élus -103 au total, soit 19 maires, ainsi que 84 conseillers de Ville et d’arrondissement-, pas moins de 10 millions de dollars pourraient être économisés.
Cet argent serait sauvé du côté salarial, des allocations de dépenses (14 759$ par élu), des secrétaires et des attachés de presse. Il pourrait également en coûter moins cher pour la location de bureaux, si la situation s’applique.
Au sein du conseil d’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, on retrouve un maire indépendant, deux conseillers d’Union Montréal, un conseiller de Vision Montréal, ainsi qu’un conseiller de Projet Montréal. M. Gagnier est bien au fait que son point de vue risque de ne pas faire l’unanimité.
«Ce n’est pas tout le monde qui sera d’accord avec ce que je dis, mais on a actuellement à Montréal une très grosse machine pour administrer la Ville. On pourrait la rationnaliser», renchérit-il.
Montréal est la ville canadienne qui compte le plus grand nombre d’élus, loin devant Toronto avec son maire et ses 44 conseillers.
Diminution du nombre d’arrondissements
Dans le même ordre d’idée, M. Gagnier croit que les différents élus montréalais devraient aussi discuter d’une refonte des arrondissements. Des arrondissements voisins et naturels comme Anjou et Saint-Léonard pourraient très bien être regroupés. On pourrait réduire le nombre d’élus à une cinquantaine, répartis sur une dizaine d’arrondissements, propose-t-il.
À l’heure actuelle, 1 620 000 personnes habitent la ville de Montréal. Chaque élu représente donc 15 700 citoyens. La représentation per capita est toutefois très disparate selon les arrondissements : Villeray–St-Michel–Parc-Extension (29 000), Ahuntsic-Cartierville (25 000), Saint-Laurent (17 000), Montréal-Nord (16 700), Outremont (4 600), L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève (3 500).
En passant à 50 élus, chaque délégué symboliserait la voix de 32 000 personnes.