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Montréal Trudeau: plus de vols de nuit à l’été 2015

Photo: Photo Deposit

Le nombre d’avions autorisés à atterrir la nuit durant la période de couvre-feu à Montréal-Trudeau a connu un hausse de près de 65% à l’été 2015. Ces exemptions justifiées pour des raisons météorologiques dans la majorité des cas ne seraient que la pointe de l’iceberg selon une élue et des citoyens exaspérés par le bruit du trafic aérien.

Selon les chiffres rendus publics par Aéroports de Montréal (ADM), 311 avions ont atterri pendant les heures de couvre-feu à Montréal-Trudeau entre mai et août 2015. Durant la même période en 2014, il n’y en avait eu que 189. Ces chiffres ont été compilés dans le cadre des réunions du comité de gestion du climat sonore.

Il faut savoir qu’un couvre-feu de 23h à 7h est appliqué à Dorval pour les avions de plus 48 000 kg. Toutefois, ces appareils peuvent obtenir des dérogations pour atterrir de nuit quand ils ont des justifications très précises.

Durant l’été 2015, 116 atterrissages ont été autorisés en raison des conditions météo, notamment durant des orages. «Il y a eu, au cours de l’été 2015 […] 66 exemptions accordées en raison des alertes à la foudre», lit-on dans le document.

Les délais opérationnels et les déroutements ont également été évoqués comme raisons pour autoriser les avions à voler de nuit. Toutefois, seuls deux atterrissages ont été jugés non justifiés à l’été 2015. Les dossiers ont été transmis à Transport Canada. En 2014, il y avait eu 22 cas d’atterrissages illégaux ou non justifiés.

Des nuits d’été perturbées
Raymond Prince, directeur de l’association les Pollués de Montréal-Trudeau qui défend les intérêts des citoyens qui se plaignent des avions qui les réveillent durant leur sommeil, prend les chiffres d’ADM avec un grain de sel.

«Cet été, nous avons été obligés de fermer nos fenêtres pour espérer dormir. C’est la réalité de ceux qui vivent dans les corridors aériens au-dessus de Montréal», indique-t-il. Selon lui, les statistiques devraient être compilées par une instance indépendante.

Pour Émilie Thuillier, conseillère d’Ahuntsic, ces données sont loin de donner le portrait complet de la situation. «Ces chiffres ne concernent que les avions de plus de 45 000 kg, dit-elle. Les avions plus petits ne font pas moins de bruits et ne sont pas moins dérangeants.»

L’élue de Projet Montréal exige plus de transparence, revendiquant aussi pour les Montréalais le droit de connaître l’ensemble des raisons qui permettent les atterrissages durant la période de couvre-feu et l’identité des compagnies aériennes qui obtiennent le plus d’autorisations pour atterrir la nuit.

Pour elle, il faut que la ville ait en main les chiffres au fur et à mesure que les avions atterrissent. «Nous voulons que ADM et Transport Canada comprennent que ce n’est pas deux ou trois citoyens qui se plaignent dans leur coin, mais que c’est toute la ville qui est mobilisée pour se défendre contre le bruit», assure-t-elle.

Une motion a été déposée au conseil municipal par son parti pour exiger d’Aéroports de Montréal (ADM) et de Transports Canada qu’ils dévoilent les niveaux de bruit mesurés autour de l’aéroport Montréal-Trudeau.

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